<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Indiscipline intellectuelle - indisciplines</title> <description>Thierry Groussin</description> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/indisciplines/</link> <lastBuildDate>Thu, 22 May 2008 21:51:54 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/16/au-pilori.html</guid> <title>Au pilori</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/16/au-pilori.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Indisciplinés</category>   <pubDate>Wed, 16 Apr 2008 07:00:00 +0200</pubDate> <description> Au pilori Léon Tolstoï – l’auteur de &lt;em&gt;Guerre et Paix&lt;/em&gt; – qui prônait la simplification de la vie quotidienne et la frugalité. Que deviendraient nos industries, nos magasins et nos actionnaires si nous étions assez fous pour l’écouter ? Que deviendraient même les marchés qui se créent sur le développement durable si nous simplifiions notre vie au point de polluer beaucoup moins ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au pilori Bernard Ollivier – &lt;em&gt;La vie commence à 60 ans &lt;/em&gt;– qui soutient que si nous nous servions davantage de nos jambes, beaucoup de maux du corps et de l’âme s’évanouiraient. Mais que deviendraient nos médecins, nos cliniques, nos industries automobiles,  pharmaceutiques, diététiques, et que deviendraient les producteurs d’émissions de télé, si nous répondions à son invitation ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au pilori Manfred Max-Neef et Patrick Viveret, le premier pour avoir mis en évidence que lorsqu’une mère allaite son enfant elle satisfait simultanément plusieurs de ses besoins, le second pour avoir démontré que cette même femme n’augmente pas le Produit Intérieur Brut et néanmoins joue un rôle important dans l’économie du bonheur. Que deviendraient nos fabricants de lait en poudre, les vaches qui les fournissent, les grossistes et les détaillants, si on les prenait au sérieux tous les deux ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au pilori le Mahatma Gandhi qui ne voulait pas faire de l’Inde une économie occidentale et qui, heureusement, n’a pas été suivi. Où achèterions-nous les produits dont les prix soient assez bas pour nous donner l’impression d’élever notre train de vie sans que nous gagnions davantage d’argent ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au pilori Paulo Freire qui nous demande ce qui se passerait si nous découvrions tout soudain que notre façon de vivre est le principal obstacle à l’épanouissement de notre humanité ? </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/03/14/pourquoi-secondlife-est-il.html</guid> <title>Pourquoi SecondLife n'est pas une déviance</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/03/14/pourquoi-secondlife-est-il.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Indisciplinés</category>   <pubDate>Fri, 14 Mar 2008 11:05:00 +0100</pubDate> <description> Au temps lointain de mon enfance, des médecins dénonçaient périodiquement les modes qui s'emparaient successivement de la jeunesse. J'ai souvenance d'attaques particulièrement virulentes contre le &lt;em&gt;hula hoop&lt;/em&gt;, ce cerceau diabolique accusé de desquisser les vertèbres des adolescents, et évidemment contre le rock et le twist dont les distorsions rythmiques ou arythmiques promettaient à ceux qui les pratiquaient une déchéance corporelle accélérée. Ce n'est pas sans faire penser à l'interdit de la masturbation, dont le fondement moral ou religieux se revêtait d'opinions pseudo-scientifiques: &quot;ça rend sourd&quot;, &quot;ça empêche la croissance&quot;, etc. En fait, au delà de la parano parentale, cela soulève selon moi la question du rapport de malaise qu'une génération entretient avec le plaisir cultivé par une autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même chose se passe aujourd'hui avec le monde virtuel qui, en tant que phénomène nouveau, génère évidemment des excès que ceux qui se sentent mal à l'aise avec ce monde inédit - et on peut les comprendre - pointent du doigt. Je suis bien d'accord que, dans cette période en quelque sorte expérimentale de notre relation au cyberespace, des dérives dangereuses sont possibles. Cela dit, si on en vient à jeter l'anathème sur les couteaux de cuisine au motif que Mme Michu s'en est servi pour assassiner son amant, ou sur le haut-médoc parce que certains en abusent, on est selon moi vraiment mal parti. Rappelons-nous que la pomme de terre, ce tubercule si sympathique, jouissait au XVIIIème siècle d'une réputation diabolique et que les pauvres se seraient laissé mourir de faim à côté d'un champ de patates. Au point que Parmentier, qui manifesta en l'occurence un vrai génie du marketing, en avait fait ostensiblement garder les cultures... pour donner envie aux gens d'en consommer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cet esprit de réhabilitation éventuelle des couteaux de cuisine, des pommes de terre et du haut-médoc, je tiens à signaler le blog de la psychologue Marie Juan Lallier - &quot;Quelle psychologie dans quelle société ?&quot; - que vous trouverez à cette adresse: http://mariejuanlallier.blogspirit.com/ . L'article auquel j'ai emprunté mon titre - on peut avoir des moments de paresse, surtout lorsqu'on s'est couché tard - mérite la lecture. Il rend compte d'une étude conduite par la société Repères qui se demandait comme beaucoup de nos contemporains si le succès de SecondLife résultait &quot;d’une envie massive et planétaire de s’échapper de la réalité&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, rappelle opportunément l'auteur, l'humain est un être social. Peut-être le succès de SecondLife est-il d'abord la manifestation de cette humanité ? </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/02/26/erin-brockovitch.html</guid> <title>Erin Brockovitch</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/02/26/erin-brockovitch.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Indisciplinés</category>   <pubDate>Wed,  5 Mar 2008 07:00:00 +0100</pubDate> <description> L'autre soir, comme je rentrais à la maison, ma fille venait de mettre ce film de Steven Soderbergh (1999) sur le lecteur de DVD. Quand l'action commence, l'héroïne qu'incarne à l'écran Julia Roberts est dans une grosse galère. Son énième petit ami vient de la plaquer, elle est seule avec ses trois jeunes enfants, sans emploi, sans un sou. En prime: un accident de voiture (où elle se retrouve en tort), une minerve, et plein de dettes. Bref, la &quot;cata&quot;. En termes de recherche d'emploi, ce n'est pas prometteur: manifestement, la dame est issue d'un milieu populaire et elle a consacré plus de temps aux concours de Miss Plage qu'aux études. Le fait d'avoir des enfants en bas âge, avec les rougeoles et autres maladies infantiles que cela suppose, n'arrange rien. Et, si elle a un physique avantageux et si la verdeur de son vocabulaire s'accorde bien avec des décolletés sans mystère et des jupes proches du scandale, en revanche l'ensemble ne constitue guère un atout pour susciter la confiance d'un employeur.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pourtant cette femme aux abois, socialement et culturellement désavantagée, nulle en termes de &quot;personal branding&quot;, qui, quelques mois plus tard, en permettant la condamnation d'une puissante compagnie, enrichira - quasiment au corps défendant de celui-ci - son employeur. Rentrée pour ainsi dire de force au service de l'avocat qui n'avait pas su lui sauver la mise lors de son accident de voiture, Erin obtiendra qu'il lui confie des tâches de rangement. C'est ainsi qu'au milieu de papiers oubliés, un document - allez donc savoir pourquoi! - va l'intriguer. Quelque chose, en elle, va alors s'éveiller. La paumée, jour après jour, insensiblement, va révéler son intelligence, sa motivation, sa capacité à mobiliser les gens, sa résilience. Elle va se trouver une légitimité, s'inventer une utilité et un métier. La compagnie, au bout du compte, devra verser pas moins de 333 millions de dollars au titre de dommages-intérêts aux 634 riverains qu'ont gravement et parfois mortellement intoxiqués les rejets de chrome hexavalent d'une de ses usines. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce que j'aime d'abord chez Erin, c'est que, quelles que soient ses galères, elle ne sombre pas dans la pleurnicherie. Pourtant, elle pourrait endosser aisément la posture de la victime: les mecs la trahissent, le tribunal met l'accident de voiture à sa charge, ses collègues de travail échangent des regards dans son dos... En résumé, elle pourrait se faire un trip du genre: &quot;Je suis une minable et les autres sont des salauds&quot;. Point du tout. De même, alors que, dans les relations avec son &quot;patron malgré lui&quot;, une autre, se sentant juste tolérée, jouerait profil bas, elle, non. Le travail ne lui fait pas peur, mais la servilité, raser les murs, elle ne connaît pas. Tout au contraire, elle discute, propose, s'insurge, négocie. Elle pourrait faire ce qu'on lui demande et rien que ce qu'on lui demande: classer les archives. Non! Elle prend le volant de son tas de ferraille et se lance dans une véritable enquête auprès des riverains et des laboratoires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand je me demande où est la source de cette énergie et de cette assertivité, je me dis - en reprenant l'expression de Teilhard de Chardin* - qu'Erin a la capacité d'aimer &quot;quelque chose de plus grand que soi&quot;. Elle est émue par le sort de ces familles que les maladies rongent et que les mensonges enterrent. Elle est émue et, sachant ce qu'elle sait, elle ne s'autorise pas à s'en laver les mains. Elle a du coeur, dans le double sens de l'expression: de l'amour et du courage. Et c'est pour cela que ces familles l'écoutent, lui font confiance, s'engagent dans un procès risqué. C'est pour cela qu'elle réussit quand l'intelligence froide des juristes appelés en renfort par son patron est à deux doigts de tout gâcher. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Une belle histoire&quot; allez-vous me dire, avec un sourire en coin. Du cinéma, américain de surcroît! Eh! bien, le film suit de très près l'authentique personnalité et la véritable histoire d'Erin Brockovitch. Physiquement, elle a du chien. Ses décolletés sont assez vertigineux. Elle a même déclaré que c'était son style et que honni soit qui mal y pense! La compagnie qu'elle a fait bel et bien condamner est la Pacific Gas and Electric Company et le montant des dommages-intérêts est bien de 333 millions. Jusqu'aux 634 numéros de téléphone que, comme dans le film, elle connaît par coeur: elle explique qu'étant dyslexique il lui était plus facile de les retenir une bonne fois pour toute que de les lire!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erin Brockovitch n'est pas, d'évidence, une femme de tout repos. Quand on voit les résultats, on peut cependant se dire que nos entreprises gagneraient beaucoup à avoir davantage d'Erin Brockovitch parmi leurs collaborateurs. Peut-être, d'ailleurs, suffirait-il de quelques changements dans les modes de management pour les voir apparaître. Mais nos organisations les supporteraient-elles ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Lettre à la comtesse Begouën, extrait cité in &lt;em&gt;Etre plus&lt;/em&gt; (Le Seuil). </description>  </item>  </channel> </rss> 