<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Indiscipline intellectuelle - servitude_volontaire</title> <description>Thierry Groussin</description> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/servitude_volontaire/</link> <lastBuildDate>Sun,  6 Jul 2008 21:24:04 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2007/12/09/entre-le-cristal-et-la-fumee.html</guid> <title>Entre le cristal et la fumée…</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2007/12/09/entre-le-cristal-et-la-fumee.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Servitude volontaire</category>   <pubDate>Tue,  6 May 2008 07:08:23 +0200</pubDate> <description> C'est le très beau titre d’un livre de René Atlan: le célèbre biologiste situe quelque part entre le cristal trop rigide et la fumée trop évanescente l’organisation de la matière qui permet l’apparition et le développement de la vie. Il me semble qu’il en est de même pour l’intelligence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre époque, dans sa névrose de règles, de normes et de procédures me fait penser à la sorcière qui, toute de guimauve qu’elle soit, fait main basse sur l’école de Harry Potter* au point que les murs ne sont plus assez grands pour qu’on puisse y afficher tous les décrets que sa folie promulgue à jet continu. L’univers de &lt;em&gt;Bienvenue à Gattaca&lt;/em&gt; n’est pas loin. Un univers de cristal. Un univers parfait. Et froid, mortellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avoue cependant que, pour révulsé que je sois par l’image d’une société toute de règles et de normes et surtout par les individus qu’elle produit et dont elle a besoin, je ne saurais jusqu’où pousser le curseur de l’autre côté - vers l’auto-organisation. J’admire Charles et Robert, de CoMind**, d’en avoir fait leur art et d'y réussir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, sur www.largeur.com, il y avait un jour cette information à prermière vus surprenante: plusieurs pays du nord de l’Europe ont testé un allègement de la signalisation routière et il en est résulté davantage de sécurité. Le Danemark, les Pays-Bas, l’Angleterre, la Belgique et même la Suisse vont dans ce sens. Sur tous les sites pilotes, le nombre des accidents a diminué et le temps nécessaire pour traverser les rues a été amélioré. La Floride fait ses propres tests : à West Palm Beach, « une expérience de suppression de signaux, rapprochant piétons et voitures, a permis de ralentir le trafic, de diminuer les accidents et de raccourcir la durée des trajets ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela me fait penser à ce qu’Isabelle Raugel*** dit de la circulation en Inde : le contact visuel et auditif et les interactions sont permanents entre ceux – camions, vélos, bus, charrettes, &lt;em&gt;rickshaws&lt;/em&gt;, et j’en oublie sans doute - qui se partagent la chaussée. Le degré d’attention à l’autre est élevé, des codes sont naturellement partagés, les réflexes sont rapides et l’ajustement se fait en temps réel. Un genre de conversation dont les mots seraient les véhicules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les hommes font la société mais la société, en retour, façonne les hommes. On peut se demander quels sont les effets, sur les comportements et la vision du monde, d’une société qui dose différemment ajustement spontané et règles. La société Enron, avant le scandale, avait promulgué le plus beau code éthique qui soit et la croissance exponentielle de la règlementation bancaire n’a pas empêché l’explosion des &lt;em&gt;subprimes&lt;/em&gt;. Et si les béquilles empêchaient tout simplement d’apprendre à marcher ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire l’article : http://www.largeur.com/expArt.asp?artID=2488&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* J. K. Rowlings, &lt;em&gt;Harry Potter et l'Ordre du Phénix&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
** Comind: http://www.comind.be/&lt;br /&gt;
*** http://www.paysagiste-numerique.com/vf/index.html </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/13/jeux-de-societe.html</guid> <title>Jeux de société</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/13/jeux-de-societe.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Servitude volontaire</category>   <pubDate>Sun, 13 Apr 2008 17:10:00 +0200</pubDate> <description> Vue sous un certain angle, l’histoire des hommes est celle des rapports du fort au faible. Le fort domine, choisit qui mangera, qui sera protégé, honoré - et en échange de quoi. Il arrête les critères et définit les règles du jeu. Le faible – c’est-à-dire, eu égard au jeu choisi, le lent, le malhabile, le doux – est rejeté dans les ténèbres extérieures où il s’efforce de survivre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne voulons pas pour nos enfants de ce destin crépusculaire. Certains peuvent révéler une aptitude naturelle à jouer le jeu darwinien : ils apprennent facilement et savent se faire valoir. Ils ont l’intelligence immédiate d’une situation et éventuellement l’énergie du conquérant ou l’instinct du vassal. Mais, parfois, nous voilà à tenter de transformer à grand peine quelque rejeton que nous trouvons trop agneau et pas assez loup. Quelque enfant délicat qui porte en lui un rêve différent et dont la fragilité, la naïveté, la vulnérabilité nous inquiètent. Comment faire pour que, dans ce monde, il ne se fasse pas dévorer, et qu’il ait – si modeste soit-elle – une part de bonheur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je veux insister sur quelque chose : ce sont les règles du jeu qui font les forts et les faibles, les adaptés et les inadaptés. Ce sont les règles du jeu qui valorisent tel profil et disqualifient tel autre. Si les lois biologiques sont «darwiniennes» – et je ne sais pas ce que Darwin penserait du sens que nous donnons à cet adjectif – la société que nous construisons peut s’en donner d’autres. N’est-ce pas d’ailleurs sa finalité que de corriger la cruauté de l’état de nature ? Ce faisant, elle se donne la possibilité de voir éclore en son sein des fleurs qui, pour être fragiles, sont précieuses : l’art, l’amour, la compassion. Livrés à la jungle, Mozart ou Aristote ne représentent qu’un certain poids de substances comestibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre monde est moins menacé par les pénuries que par le gaspillage. Depuis longtemps, grâce à ses outils industriels et technologiques, il a - plus qu’aucun autre ne les a jamais eus dans l’histoire - les moyens de s’offrir la fraternité. Qu’en fait-il ? Il se raconte que l’histoire est «darwinienne» et que le réalisme est à l’opposé du Sermon sur la montagne. Cherchez à qui cette histoire profite. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/09/legitimite-et-obeissance.html</guid> <title>Eloge de la désobéissance</title> <link>http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2008/04/09/legitimite-et-obeissance.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Thierry)</author>   <category>Servitude volontaire</category>   <pubDate>Wed,  9 Apr 2008 07:00:00 +0200</pubDate> <description> Si l’on compare notre niveau de conscience et de savoir avec les désordres et les souffrances de toute sorte qui, du fait des hommes, affectent les hommes, on est saisi de perplexité. Très majoritairement, que nous soyons Français, Américains, Russes, Chinois ou Indiens, que nous soyons chrétiens, musulmans, juifs, hindouistes, animistes ou agnostiques, l'humanité se compose de braves gens. Alors, comment cet immense gâchis est-il possible?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous souvenez-vous de « I comme Icare », avec Yves Montant dans le rôle d’un procureur qui enquête sur l’assassinat du président des Etats-Unis? Une des séquences du film est la reconstitution de l’expérience conçue par Stanley Milgram à l’université de Yale au début des années 60. Cette expérience met en scène trois personnages dans un laboratoire de recherche. L’idée, telle qu’elle est scientifiquement exposée par celui des trois qui porte une blouse blanche, est de mesurer les effets de la punition et de la peur sur l’accélération de l’apprentissage. Le deuxième personnage, un « cobaye » volontaire, est attaché sur un siège de dentiste, devant un écran. Quelques électrodes sont fixées ici et là sur son corps. Des listes de mots sont projetées sur l’écran et le cobaye doit les mémoriser et les restituer. S’il se trompe, le troisième personnage, recruté par petites annonces, doit appuyer sur un bouton et lui envoyer une décharge électrique. Si les erreurs se multiplient, l’intensité de ces décharges ira croissant jusqu’à atteindre 450 volts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expérience commence, le cobaye commet évidemment des erreurs et reçoit les premières décharges électriques. A partir d’un certain voltage, il se met à manifester de plus en plus bruyamment sa douleur, passant progressivement des gémissements aux hurlements et suppliant qu’on mette fin à l’expérience. La personne qui doit appuyer sur le bouton se tourne alors vers le superviseur en blouse blanche. Celui-ci se montre inflexible : l’expérience doit être menée à son terme, il faut aller jusqu'au bout. Il arrive alors que, partagé entre son devoir et la souffrance qu’il inflige, « l’électrocuteur » s’en prenne à sa « victime », l’accusant de se trouver à cause d'elle dans une situation impossible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous l’avez soupçonné, le véritable cobaye n’est pas l’homme en train de se tordre et de gémir sur le fauteuil du supplice : il s’agit seulement d’un acteur et l’équipement électrique est factice. Le véritable cobaye est, à son insu, la personne recrutée pour quatre dollar de l’heure, et l’expérience ne porte pas sur le rapport entre punition et apprentissage mais sur le « taux d’obéissance ». Maintenant, si c’est la première fois que vous entendez parler de cette expérience, restez assis: 62,5% des vrais cobayes – fût-ce à leur corps défendant - sont allés jusqu’à administrer des électrochocs atteignant 450 volts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, la « vertu d’obéissance », vous en pensez quoi maintenant? Désormais, quand vous ferez par obligation une chose qui vous met mal à l’aise, demandez-vous où est la blouse blanche et quel est le système de croyance qu’elle mobilise en vous. Personnellement, je me suis déjà abandonné à l’emprise des blouses blanches. Je me suis dramatiquement retrouvé du côté de l’institution scolaire contre un de mes enfants. Il fallait, encore et encore, que je le fisse travailler et que je le « visse ». Toujours plus de la même chose. Evidemment, toujours plus du même résultat, pour lui comme pour moi. Car, à chaque rencontre avec ses professeurs, c’était le même film et j’avais tendance à le prendre un peu plus en grippe. Or ce n’était ni un cancre ni un fainéant mais – je l’ai enfin découvert - un surdoué qui souffrait énormément. L’existence de ce blog, à vrai dire, doit beaucoup à cette expérience de vie.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes souvent qu’un maillon dans une chaine et, de ce fait, il se peut que ce qu’on nous invite à faire nous paraîsse bien peu de chose. A quoi bon se rebeller, à quoi bon même se poser des questions ? Puis, quelle légitimité avons-nous face aux blouses blanches : professeurs, ingénieurs, managers, prix Nobel d’économie ou de médecine, capitaines d’industrie et autres experts de tout poil ? Les lois de l'économie, le progrès de la science, la &lt;em&gt;bottom line&lt;/em&gt;: quelle est la légitimité de ce que nous ressentons face à l’univers de la rationalité et de ceux qui la détiennent ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh ! bien, pour conclure, voici deux convictions chèrement acquises. D’abord, ce bien peu de choses dont chacun d’entre nous assure l’exécution peut constituer au bout du compte une chaîne des plus malfaisantes. Cette chaîne, il faut savoir la rompre. Comme pour le SIDA, cet invisible virus, nous devons refuser que certaines choses passent par nous. Quant à notre légitimité, à nous, les ignares, les irrationnels, les irresponsables de service, les «sans blouse blanche», je vous laisse avec cette réflexion d’Albert Camus : « Entre ma mère et la justice, je choisis ma mère ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour en savoir davantage sur l'expérience de Milgram:&lt;br /&gt;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram </description>  </item>  </channel> </rss> 