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10/10/2007

Marketing is dead

http://www.marketingisdead.net/

"Si vous êtes curieux, si vous êtes impertinents, et surtout si vous êtes à la fois curieux et impertinents, bienvenue sur Marketing is dead."

Voilà le genre d'invitation que j'aime bien. Aussi, je vais apporter à François Laurent mon témoignage de « consommateur » (les guillemets ont leur importance).

C'est peut-être la saturation des excès accumulés, mais j'en ai assez d'être le micheton racolé vingt-quatre heures par jour, partout, dans les rues, sur les quais du métro, devant l’écran de la télévision ou de l’ordinateur et jusque dans la poche où je mets mon portable.

Le ridicule des « messages » y cotoie le mauvais goût. Mais la faute de goût n'est pas le plus grave dans cette affaire. Le plus insupportable pour moi, c’est l’histoire qu’on me propose : celle d’une humanité réduite à des imbéciles qui se la jouent grave, comme disent mes ados, parce qu’ils vont pouvoir se payer le dernier truc à la mode, four à micro-ondes, 4x4 ou streetwear de chez Machin-Bidule.

J’en ai assez également que l’on usurpe des sentiments nobles. J’ai du respect pour le commerce. J’ai la conviction qu’il est utile et qu’il peut être un levier du progrès. Mais ne mélangeons pas les genres. Quand des marques vantent le "plus d'amour" qu'il y a dans leurs produits industriels, j'ose espérer qu'elles se ridiculisent et que pas une mère de famille ne tombe dans le panneau.

J’en ai assez qu’on me propose de consommer toujours plus, alors que déjà notre activité détruit la planète aussi sûrement que le néant gagne le monde d'Une histoire sans fin. Plutôt que remplacer ma vieille voiture, je préfère la faire durer et que les ours blancs aient un peu plus de place pour se promener avant de disparaître. Il faut être stupide ou criminel pour acheter le droit de frimer au prix qu’on le fait payer à la planète.

J’en ai assez qu’on me propose de consommer toujours plus, moi qui suis déjà gavé, sans que cette croissance profite à ceux qui en ont le besoin le plus cruel. Il fut une époque où l’économie savait simultanément créer de la richesse et accroître le revenu des gens. Depuis que le marché s’est substitué au territoire, ce cercle vertueux a été rompu.

J’en ai assez que l’information soit choisie en fonction de l’audience qu’elle va mobiliser. Le problème de l’information, dans une démocratie, ce n’est pas celle qu’on nous montre : c’est celle qu’on ne voit pas et dont on n’a même pas l’idée. A vous faire regretter la télévision gaullienne !

J’en ai assez, au final, que mes semblables et moi on nous prenne pour des imbéciles.

Alain de Vulpian le montre clairement dans « A l’écoute des gens ordinaires » : en cinquante ans, nous avons beaucoup mûri. Nous avons acquis, entre autres choses, du recul. Nous savons que le véritable enjeu de l’économie aujourd’hui, ce n’est plus de remédier à la pénurie qu’ont connue nos parents. Aujourd’hui, il s’agit de capturer des flux financiers, les vôtres, les miens, les gros, les petits, les moyens, ceux d’ici et d’ailleurs, afin d’alimenter un système dans lequel nous sommes de moins en moins nombreux à nous reconnaître parce qu’il ne profite pas à l’humain.

C'est à vous donner une envie de décroissance !

Je suis d'accord avec François Laurent: le marketing est mort et s'il ne l'est pas, nous autres, qu’il prend encore pour des consommateurs, on finira par avoir sa peau.

Commentaires

Le genre de note qui ne laisse pas indifférent, merci.

Écrit par : Thibaut | 12/10/2007

Wow! Il décoiffe le Thierry.
Mais ça vient du fond du coeur et on y adhère.

Écrit par : bernard | 14/10/2007

Toutes les formes de marketing ne sont pas mauvaises.
Celles qui sont à éradiquer sont celles où le produit est mauvais et où c'est par le biais du marketing qu'on va "forcer" le porte monnaie des gens.

Le vrai marketeur est un faineant dont le travail doit consister à faire en sorte de ne plus en avoir.
Si il fait le bon produit, il n'aura pas besoin de le "vendre", il se vendra tout seul. Seul petit bémol à mon sens, il faut que le produit soit vraiment utile et rende l'achat gagnant gagnant.

Le consommateur à bien muri en 50 ans, mais je constate qu'en entreprise (B2B) le rythme des évolutions n'est pas le même... Sans doute parce que c'est pas leur argent qui est utilisé, les individus s'impliquent moins et restent plus à l'écoute des sirenes du marketing.

Écrit par : Charles Boone | 17/10/2007

votre réaction épidermique au Marketing vient répondre à un sentiment de colère que je ressent lorsque mes enfants viennent me demander de faire un achat à la suite d'un spot publicitaire. Les moyens employés par le marketing qui se sert des émotions des enfant et des plus grands, de leur besoin d'appartenance ou de reconnaissance, pour atteindre leur porte monnaie, est particulièrement désagréable.

Au delà de l'utilité matérielle du produit il y à le besoin qu'il satisfait dans la pyramide de Maslow. Plus le message marketing vise le haut de la pyramide (appartenance, estime de soi...) plus on à de chances d'avoir à faire à de la manipulation voire à de l'escroquerie.

Aujourd'hui mes enfants ont été éduqués dans la méfiance du produit marketé. Nous sommes entrés en résistance active ! Chaque acte de consommation est réfléchi. Plus encore maintenant que l'on se doit d'intégrer dans la décision d'achat la notion d'impact environnemental du produit acheté.

Écrit par : Anette | 18/10/2007

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