18.11.2009

Mortel paradoxe

Certains patients ont fait l'expérience de remèdes qui soulagent leurs maux tout en en développant d'autres parfois pires. Je pense à certains traitements de l'arthrite rhumatoïde qui ralentissent la progression du mal mais attaquent les reins et les poumons (j'en connais un qui va se reconnaître). 

La reprise économique que certains voient poindre pourrait entraîner en 2011 une nouvelle crise alimentaire... Combien de temps allons-nous continuer à jouer le jeu d'un tel système ? 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e95ea2e0-d3c1-11de-993e-3...

17.11.2009

Business as usual

Le New York Times constate que, face à la réforme de la santé poussée par Mr O, les fabricants de médicaments ont déjà augmenté leurs prix. Si ce n'est pas de la prédation... C'est la loi du marché ? Bien sûr! La nouvelle politique de santé solvabilise des besoins jusque là insolvables - ceux des pauvres qui étaient dans l'incapacité de se soigner - et le résultat c'est l'augmentation des prix. C'est mécanique, c'est juste, circulez il n'y a rien à voir. Ce qui est sûr, c'est que l'industrie pharmaceutique va s'enrichir et l'Etat s'appauvrir. Peut-être aussi les bénéficiaires de la réforme auront-ils accès à moins de médicaments que prévu.  

On peut pousser la réflexion vers des registres politiquement incorrects et se demander qui, dans ce système, se fait avoir en apparence - ou est complice. On peut aussi se demander quelle analogie il y a entre la réforme de la santé aux Etats-Unis et le plan de vaccination contre le virus H1N1 en France.

http://www.nytimes.com/2009/11/16/business/16drugprices.h...

22.09.2009

Démence précoce

Daté du 17 septembre 2009, je reçois ce soir un courrier de mon hypermarché préféré qui me dit ceci:

"Chère cliente, cher client,

Par soucis (sic) du respect des mesures préventives mises en place par le Ministère de la Santé concernant la Grippe A, qui préconise d'éviter les regroupements de personnes, cette année, notre soiréee "Foire aux vins" n'aura pas lieu.

Néanmoins, vous faites partie de nos clients privilégiés, c'est pourquoi, nous souhaitons vous offrir vendredi 25 octobre 2009 vos points de fidélité multipliés par 10 sur tous vos achats au rayon Vins et Champagnes".

Faudra m'expliquer comment l'affluence de chalands le vendredi soir ou, mieux, comme d'habitude, le samedi matin est moins dangereuse que la soirée dans les mêmes lieux qui a été annulée.

Je me demande à quoi on joue...

 

15.09.2009

Résister

Je me dis parfois que tout le dispositif de protection contre la grippe du cochon pourrait constituer  une magnifique introduction à l’apprentissage massif de la docilité. Pensez à ce paradoxe : alors qu’on s’entasse tous les jours dans le métro, le RER, les bus, les gares, les supermarchés et les restaurants, tout d’un coup quand on se retrouve sur le lieu de travail, sans sourciller, on ne se serre plus la main, on ne se fait plus la bise. Le fait que cette incohérence ne saute pas aux yeux des bons élèves qui respectent scrupuleusement les injonctions picrocholines devrait nous faire réfléchir.  

 

En outre, le dispositif, sans que ce soit assurément voulu, stimule et encourage une phobie de l’impureté qui est une des pentes dangereuses de notre psyché. Bien que la religion soit à peu près morte dans les cœurs, elle reste présente comme une forme qui incurve à notre insu nos manières de ressentir et de penser. Dans un premier temps, on se contente d’écarter les nourritures impures. Puis, on change de trottoir pour éviter les pécheurs, les renégats et les femmes de mauvaise vie. Ensuite, on se persuade qu'ils sont responsables de tous les maux qui nous affligent. Vient enfin une quatrième phase où certains individus plus fragiles se découvrent une vocation de flicaillon voire de Torquemada. Ceux-là vont être à l’affût des fautifs, les traquer, les dénoncer, le tout évidemment pour le plus grand bien de la société.   

 

Vous allez me dire que j’extrapole à l’excès et que cette histoire de grippe n’a pas de commune mesure avec les Sorcières de Salem ou la dénonciation des Juifs et des résistants par les bons Français de Vichy. Je vous rappellerai l’expérience de Milgram que vous pouvez voir reproduite dans le film I comme Icare : cette expérience a démontré que 65 % des individus tombent facilement sous l’influence de l’autorité et sont alors capables de commettre des actes épouvantables. Je vous rappellerai aussi la sagesse hindoue : « Sème un acte,  tu récoltes une habitude. Sème une habitude, tu récoltes un comportement. Sème un comportement, tu récoltes un destin ». La docilité des peuples a permis plus d’injustice et encouragé plus d’horreurs que leur méchanceté. Il faut cultiver l'esprit de résistance.

 

Car résister n’est pas facile. Il faut d’abord s’accorder à soi-même la dignité de penser par soi-même. Or, tous les régimes autoritaires, qu’ils soient durs ou mous, s’efforcent de ruiner cette confiance que chacun d’entre nous peut avoir dans sa propre capacité de réflexion. Les autorités, d'où qu'elles prêchent, nous disent le plus souvent : « Ne cherchez pas à comprendre ! ». C’est que, comme l’a écrit Hanna Arendt que je ne cesserai pas de citer : « penser, c’est résister ». Mais penser ne suffit pas. Après, il faut affronter les autres : tous ces

Braves gens qui n’aiment pas que

On prenne une autre route qu’eux » (Brassens).

 

Une amie me contait hier ses tribulations lors de l’engouement généralisé pour le vaccin contre l’hépatite B. Elle en avait parlé avec le pédiatre de sa fille et s’était fait une conviction. En cohérence avec elle-même, Martine avait décidé que sa gamine ne recevrait pas ce vaccin. Le pédiatre, un homéopathe – vous avez d’ailleurs remarqué que l’avis et les conseils des homéopathes ne sont guère pris en compte en ce moment – lui fit un mot de dispense. Malgré cela, l’autorité scolaire mit la pression, revenant trois fois à la charge. « Vous ne vous rendez pas compte ! » « C’est invraisemblable ! » Vous entendez bien sûr les sous-entendus : quelle arriérée vous êtes, de quel droit avez-vous un avis, quelle tête de mule, etc.  On n’hésita pas à lui donner le coup de grâce : « Vous êtes une mauvaise mère ». Martine a tenu bon. Quelques années plus tard, on a découvert les dégâts que pouvait faire cette vaccination…  

 

La pandémie la plus redoutable n’est pas porcine, elle est ovine : c’est celle qui fait de nous des moutons. A titre préventif, je vous suggère de réécouter régulièrement Brassens.

04.09.2009

Crise et prospective

Je me contenterai aujourd'hui de vous recommander un excellent éditorial de notre ami Armand Braun dans la Lettre prospective de ce mois: http://www.prospective.fr/

12.08.2009

Illusionnistes

Le grand art de l’illusionniste est de vous faire regarder là où il ne se passe rien de sorte que vous ne voyez pas ce qu’il prépare. Il ne faut surtout pas suivre la direction de ses yeux, car celle-ci fait partie du geste qui détourne votre attention de l’endroit que vous pourriez scruter.

 

J’y pensais en lisant un article qui rendait compte d’une étude anglaise au terme de laquelle les aliments bio ne présenteraient pas d’avantages nutritionnels sur les produits ordinaires. Une nouvelle charge de l’agriculture industrielle, me suis-je dit, et sévère celle-là. Pour autant, à lire de plus près, en ce qui concerne la comparaison des qualités nutritionnelles, il y a – c’est le cas de le dire – à boire et à manger. L’étude occulte un certain nombre d’informations et ne craint pas de se contredire elle-même. Mais, passons : si on la survole, impressionné au surplus par sa signature « scientifique », on peut décider de revenir aux fruits et légumes de l’agriculture intensive, d’autant que c’est quand même plus simple pour faire son marché.

 

Eh ! bien, détournement réussi! En effet, à braquer notre attention sur l’aspect nutritionnel, cette étude nous fait oublier – volontairement ou involontairement - un autre aspect, fondamental : la présence de pesticides dans les aliments. Or, à elle seule, cette présence-là justifie qu’on privilégie le bio. Cf. http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3...

 

Sachant qu’un des jeux principaux auquel se livre notre époque est la capture de flux monétaires et qu'elle prime tout, on devrait toujours se demander quel est l’argent, les copains ou les coquins qui se cachent derrière les annonces spectaculaires. Cela me ramène à la pandémie. A la fin avril, elle était imminente, on sonnait le tocsin. Il ne s’est rien passé. On nous dit depuis quelques semaines que, trop occupée jusque là, la porcine nous donne rendez-vous à la rentrée. Peut-être, généreuse, a-t-elle jugé bon de nous laisser le temps de produire un peu plus de vaccins et autres substances à effets secondaires – et financiers - garantis. Et la rentrée, c’est bien connu, est traditionnellement pourvoyeuse de rhumes: bien conditionnés,  nous verserons dans le pathos au moindre nez qui coule. Les milliards engagés par l'Etat seront légitimés. Mais n'oublions pas dans le scénario le double effet kiss cool: grâce à cette juteuse menace, le secteur pharmaceutique pourrait annoncer des profits remarquables, les seuls peut-être d'une bourse égrotante. Tous les joueurs de Monopoly en mal d'enrichissement facile vont se précipiter et les actions vont atteindre des sommets. 

 

 J'en reviens quand même au détournement d'attention. Les fins stratèges font toujours d’une pierre deux coups et même plutôt trois. Alors, que nous réservent les maîtres du monde en dehors d'un couvre-feu qui ressemble beaucoup à une manipulation de prestidigitateur ?

09.08.2009

Penser, c’est résister

Cette affirmation est d’autant plus vraie quand on se trouve confronté non à des affirmations brutales qui pourraient susciter une révolte primale, mais à des discours lénifiants, mélange de séduction et de rationalisation. Devant quelques-unes de mes prises de position – assez radicales, je le reconnais bien volontiers – les réactions les plus fréquentes sont du genre : « Mais enfin, ils savent, ce sont des scientifiques, des professionnels, des dirigeants, etc.» Sous-entendu : qui es-tu pour te permettre de penser différemment de ces experts sur des sujets qui dépassent ta compétence ? Peut-être ai-je cette prétention parce qu’issu d’une double lignée vendéenne et gasconne à qui l’Histoire a appris qu’il vaut mieux se méfier de ceux qui prétendent bâtir le bien sur l’abdication des autres. Les légions de Thureau comme la soldatesque de Simon de Montfort ont eu des méthodes pédagogiques redoutables. Bien sûr, il s’agissait de sauver nos âmes ou à tout le moins de nous remettre dans le droit chemin. Mais, de fait, il s’agissait surtout de l’intérêt des justiciers eux-mêmes : médailles et récompenses, jouissance à persécuter, pillage des biens, appropriation des terres, consolidation du pouvoir.

 

Les méthodes, depuis lors, se sont sophistiquées. La stratégie n’est plus de nous contraindre par la brutalité - encore que les bonnes vieilles pratiques peuvent toujours ressurgir, ne serait-ce que pour l'exemple -  mais de transfuser des représentations qui engendreront les comportements qu’on veut nous voir adopter. Alors, on nous parle de nos besoins et de nos désirs. On nous explique comment le monde fonctionne et que ce n’est pas à la portée de tout le monde de le comprendre. On nous dit qui sont les bons, les méchants et les imbéciles. On s’efforce de nous persuader que l'intérêt des puissants et le nôtre ne font qu'un. Sans cesse on nous susurre l’histoire que nous devons nous raconter, comme jadis le curé nous lisait celle du petit Jésus, une histoire qui en passant lui donnait le pouvoir sur nos chétives personnes. L’opium des peuples a changé de nature et de dealers, mais il est encore plus redoutable.

 

Je me souviens d’avoir remarqué, lorsque je demandais mon chemin dans des contrées reculées, qu’il valait mieux observer les gestes de mon interlocuteur qu’écouter son discours. Parfois, la langue fourche et dit « à droite » quand la main montre « à gauche ». Or, c’est la main qui dit vrai. Alors, s’agissant de nos guides en tout genre - politique, économique, médical, etc. - ma compétence c’est de me faire sourd aux discours et de regarder les mains. Et vous savez ce qu’elles font le plus souvent, les mains ? Elles ouvrent le tiroir-caisse et y déposent le prix de notre pusillanimité.

 

Dans le droit fil de cette réflexion dominicale, je rajoute aujourd’hui à la liste des sites que je recommande le blog du Docteur Alain Joseph : http://docteurjo.canalblog.com/ . En cette veille de pandémie porcine, cela peut vous être utile. Au fait, aviez-vous remarqué que le cochon est la forme la plus fréquente de tirelire ?

05.08.2009

Cuisson de la grenouille

La fable commence à être connue. Mettez une grenouille dans une lessiveuse remplie d’eau à une température agréable pour la bestiole. Allumez sous la lessiveuse un feu discret et faites monter très lentement la température du bain. Jusque là, pour le batracien, les conditions restent supportables. Son organisme s’adapte tranquillement à l’élévation très progressive de la chaleur, dépensant toutefois au fur et à mesure un peu plus d’énergie pour maintenir sa température interne. Vient le moment quand même où, réveillée par la morsure du feu, la grenouille songe à sauter hors de la lessiveuse. Mais, à son insu, elle a déjà dépensé trop d’énergie à s’adapter. Elle retombe épuisée dans le bouillon pour y achever sa cuisson.

 

Je pensais à cette métaphore comme un collègue évoquait la situation de notre économie. Certains experts avaient annoncé il y a quelques mois un effondrement par raréfaction des crédits bancaires aux entreprises. Notre imagination s’était alors représentée une sorte d'apocalypse, avec des faillites spectaculaires, des magasins pillés, des hordes de sdf sur les routes, etc. Il ne semble pas que nous soyons dans ce scénario. Certains en profitent pour nous rassurer et nous préférons leur faire confiance. Mais ce que nous avons appelé la chute de l’empire romain n’a pas non plus ressemblé à la chute d’un arbre frappé par la foudre : ç’a été en vérité une métamorphose de plusieurs siècles. Alors, hypothèse cruelle, ne serions-nous pas dans le cas de la grenouille qui ne perçoit pas en raison de sa lenteur l’élévation de la température, tout en ayant commencé à cuire et à perdre son énergie ?

 

Certes, les affaires, entend-on quand même, sont un peu plus difficiles. Mais rien de spectaculaire : pas de scandales, pas de banques enchaînées au pilori, pas d’implosion suspecte d’une firme en bonne santé. Si on note un ralentissement, si certaines entreprises ont des difficultés, c’est le consommateur qui en est la cause. Il n’a pas envie d’acheter, d’emprunter, etc. Rien à voir, vous en conviendrez, avec la raréfaction du crédit à l’économie qu'annonçait par exemple Bernard Lietaer. Le crédit n’est là que pour permettre de satisfaire la demande. Si la demande est molle, il n'y peut rien! Bien sûr, telle entreprise qui a plusieurs banques, note que deux d’entre elles sont plus frileuses. Mais la troisième "suit". Alors la vie continue... Puis, ce sont les vacances. En septembre, ça repartira!

 

Nous avons peut-être plusieurs problèmes pour le prix d’un seul: une dégradation si lente qu’on la sent à peine et un phénomène tellement diffus qu’on ne peut mettre en exergue une cause majeure et encore moins dénoncer le traître de l’histoire. Car le consommateur lui-même a une excuse : vous le voyez faire confiance à la situation quand le père Noël se sert d’abord lui-même ? Alors, faute d'un méchant à condamner ou d'une cause identifiée, on s’y prend comment ?

02.08.2009

Pour une poignée de dollars (3)

A Los Angeles, les hôpitaux privés, ruinés par la crise, jettent à la rue les malades qui ne peuvent pas payer:

http://libertesinternets.wordpress.com/2009/08/02/ruines-...

24.07.2009

Crise et diligence

J'apprécie beaucoup les analyses d'Hubert Landier tant sur la forme que sur le fond. En voici une qui mérite d'être méditée: http://www.management-social.com/novlethublan/090723028.pdf

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