28.10.2009

Bizarre, bizarre...

Extrait d'un article sur Wanadoo à propos de la condamnation de l'église de Scientologie:

"L'Eglise de scientologie pourra toutefois poursuivre ses activités. "Le tribunal ne pouvait de toute façon pas retenir les réquisitions du parquet qui avait demandé, en juin, la dissolution des deux associations, car une modification de la loi, votée en catimini le 12 mai, ne permettait plus de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie", rappelle Yves Bordenave, qui a suivi le procès pour Le Monde."

Parmi les dignitaires de l'église de Scientologie, on compte l'acteur américain Tom Cruise:

http://www.dailymotion.com/video/x6tu8_sarkozycruise-sect...

 

27.10.2009

Une certaine idée de la France

Je ne connais pas Mme Blache dont un ami m'a fait parvenir l'article ci-dessous. Bien que glissant un peu à l'hagiographie, il ouvre nos fenêtres à un grand vent salubre dont nous avions oublié la saveur un peu rude et que les plus jeunes que nous n'ont pas connu. A une époque où les politiques les plus en vue se transforment en commis-voyageurs des multinationales, quêteurs de peopolisation et marchands de story telling de pacotille, sangrebleu, cela redonnerait du coeur au ventre!

lundi 19 octobre 2009
par
Geneviève Blache
Aujourd’hui, nombre de personnes se réclament du gaullisme, et nous ne pouvons que nous en féliciter. Cependant, peu nombreuses sont celles qui ont, en son temps diffusé, ou diffusent actuellement, toute la philosophie de Charles de Gaulle dans son essence. La connaissent-ils, seulement ? On peut alors penser que le personnel politique, toutes catégories confondues, ou presque, après l’avoir, travestie par ignorance ou opportunité, continue délibérément de le faire.

Sciemment, on a « momifié » Charles de Gaulle dans le rôle du héros du 18 Juin... mais, qui peut être opposé aujourd’hui à cette action patriotique ? Car, sa mystique, dans le sens de croyance absolue autour d’une « certaine idée de la France » nationale et républicaine, était bien plus élevée. Bien au-delà de l’idée - celle sur laquelle on ne transige pas - qu’il avait de l’indépendance nationale et du respect du peuple souverain, il espérait pouvoir ériger un vaste projet de mutation de société, englobant participation dans la politique économique et sociale. Il disait de l’économie, « qu’elle est la condition de tout, et en particulier la condition du progrès social. »

Si il y a plusieurs visions du gaullisme, sans les faire toutes siennes, on ne peut, ni ne doit, pour autant, les occulter ou les déformer.

Au début de la guerre, il a déjà analysé ce qu’il appelle une crise de société. Lors du discours fondateur qu’il prononce à Londres le 1er avril 1942, où il ébauche les grandes lignes de sa conception qu’il a de la politique, il soutient une thèse qu’il défendait déjà dans un mémorandum qu’il adressa à des personnalités civiles et militaire le 24 janvier 1940 :

« ... c’est une révolution, [la guerre], que la France, trahie par ses élites dirigeantes et par ses privilégiés, a commencé d’accomplir. Et je dois dire, à ce sujet, que les gens qui dans le monde, se figureraient pouvoir retrouver, après le dernier coup de canon, une France politiquement, socialement, moralement pareille à celle qu’ils ont jadis connue, commettraient une insigne erreur ».

De Gaulle était un révolutionnaire, d’ailleurs, ne le revendiquait-il pas ?

Lorsqu’il dit :

« Si une révolution consiste à changer profondément ce qui est, notamment en ce qui concerne la dignité et la condition ouvrières, alors certainement c’en est une. Et moi, je ne suis pas gêné dans ce sens-là d’être un révolutionnaire, comme je l’ai été si souvent. »

Ou, il dit encore, lorsqu’il reçoit Jean Moulin à Londres en 1942 :

« Quand nous aurons gagné la guerre, il nous faudra rendre à l’Homme sa dignité ».

Malheureusement, force est de constater, que l’homme fut souvent trahi, surtout par les siens. La majorité qui le mit au pouvoir, espérait que, après qu’il eut réglé le problème épineux de l’Algérie, où tout le monde s’était bien empêtré, il serait alors l’otage d’une certaine classe conservatrice, et devrait céder alors à leurs exigences. Ayant fait le sale boulot, le risque passé, ou il serait de droite, ou il ne serait pas !

Mais, cela c’était sans compter sur la clairvoyance et la prescience d’une grande majorité du peuple qui le soutenait.

Dès lors, il fallu faire du Général un homme autoritaire, d’une autre époque, ne se préoccupant pas de l’intérêt du peuple. Avec l’aide d’une partie de son entourage, dévoué au monde libéral, aux intérêts des oligarchies, on a englué le rebelle, qui disait « que la bourgeoisie avait fait son temps, et qu’il fallait associer les salariés au progrès économique et social ».

En juin 1968, il disait encore « La propriété, la direction, le bénéfice des entreprises dans le système capitaliste n’appartient qu’au capital. Alors ceux qui ne le possèdent pas, se trouvent dans une sorte d’aliénation, (...) Non, le capitalisme du point de vue de l’homme n’offre pas de solution satisfaisante. (...) Elle, [la participation] change la condition de l’homme au milieu de la civilisation moderne. (...) C’est la voie dans laquelle il faut marcher. »

Avec d’autres gaullistes de l’Arc Républicain, nous considérons que la participation, telle qu’elle était prévue dans le programme du CNR, non seulement ne s’oppose pas à la lutte des classes que nous constatons en permanence, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, mais qu’elle est, dans la réalité concrète du combat contemporain pour le progrès social, indissociable de celle-ci.

Il est certain que, l’homme d’État qui considérait que « le libéralisme était devenu une chose inconcevable et insupportable », ambitionnait de combattre la loi d’airain du capitalisme par sa politique sociale. Il représentait un danger pour une grande partie du microcosme politique de la droite à la gauche, ainsi que pour le capital, et la finance, tout cet univers aidé dans sa désinformation par la presse de toutes sensibilités, et de certains syndicats inféodés financièrement à la CIA.

D’ailleurs, nous n’ignorons pas qu’après le référendum perdu de 1969, la Bourse a salué l’événement par une envolée des cours spectaculaire, tandis que les spéculateurs s’enrichissaient !

Au Conseil des Ministres du 12 décembre 1962, le Président de la République décline la marche à suivre de l’équipe gouvernementale :

Alors le 1er Ministre de répliquer en aparté :

« ils ont farci la tête du Général de leurs rêveries », [dit-il en parlant de Gilbert Grandval, alors Ministre du Travail, René Capitant et Louis Vallon,] et il ajoutera « il faut le mettre à l’abri de ces billevesées. »

Je ne peux pas terminer mon propos, sans dire quelques mots concernant ce général atypique et inclassable en politique, dont le philosophe marxiste Louis Althusser dit : « Le père de Gaulle, tout de même, il faut y aller voir d’un peu plus près ».

Si, ayant embrassé la carrière militaire, afin de servir la France, il sait désobéir à bon escient le 18 juin, montrant le chemin de la Résistance, qui permettra à la France et aux Français, de ne pas sombrer dans le déshonneur, il sait aussi, à travers son action internationaliste et anti-impérialiste parler aux peuples du monde entier, que ce soit à Phnom Penh, à Mexico, ou le peuple le porta en triomphe, au Liban où, atterrissant à l’aéroport de Beyrouth, on voyait que, pour rendre hommage à sa politique, son effigie y était installée, sans oublier le « Vive le Québec libre », que peu on compris.

CDG, homme universel, rend la France universelle !

Oui, le peuple était fier de l’image de la France, non-alignée, dans une sorte de neutralité, en quelque sorte tiers-mondiste et, internationaliste. La voix de la France était partout reprise, France digne des Lumières et de sa Révolution, sur laquelle le monde entier prend encore exemple.

D’ailleurs, ne dit-il pas à Malraux :

« Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté des autres... »

ou encore :

« Si les États-unis deviennent consciemment maîtres du monde, vous verrez jusqu’où ira leur impérialisme. »

J’aimerai donc encore vous citer cette démarche importante, un extrait d’une note qui fut remise le 6 juin 1942, par CDG à Alexandre Bogomolov, ambassadeur de l’URSS à Londres auprès des gouvernements alliés, tirée des archives soviétiques et citée par Henri Christian Giraud.

Cette note est destinée à Molotov qui est le ministre des Affaires étrangères de l’URSS en guerre auquel elle a été effectivement transmise.

« L’impérialisme américain se manifeste sous des formes multiples et diverses. Certains de ses représentants raisonnent en terme de domination des USA sur le monde occidental. Ils appellent à la remise directe par la Grande-Bretagne de ses possessions américaines, en particulier sur celles sur lesquelles ont été organisé des bases américaines. D’autres représentants de l’impérialisme économique, désirent que les USA instaurent un mode de vie pour le monde entier, qu’ils contrôlent et gèrent partout les ressources et le commerce. »

(...)

Geneviève Blache.

24.10.2009

H1N1: Obama déclare l'état d'urgence

Je vous laisse comparer cette information à la précédente...

http://www.lemonde.fr/epidemie-grippe-a/article/2009/10/2...

H1N1: CBS révèle une énorme surestimation

Le Dr Mercola interviewe Barbare Loe Fisher du National Vaccine Information Center (USA): http://articles.mercola.com/sites/articles/archive/2009/1...

Cherchez à qui le crime profite!

 

07.10.2009

Suicides

Rien n'a jamais été écrit de plus pénétrant sur la pouvoir que le Discours sur la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie. En quelques phrases, dès le titre à vrai dire, tout y est dit et d’abord que nous n’avons à nous en prendre qu’à nous-mêmes des tyrans dont nous nous plaignons. En continuant sur cette pensée courageuse, nous pouvons nous dire aussi qu’il est trop facile de désigner le Prince comme le seul coupable. Certes, il a sa responsabilité et elle est totale puisqu’il a choisi d’être chef et s’en est donné les moyens. Mais condamner le chef suffit-il à rédimer tous les autres artisans de détresse, à faire oublier les mille compromissions qui, de chefs en chefaillons et en sous-fifres, font tenir debout le système qui a engendré tant de désespoir ?  Ah ! vous ne saviez pas ? Vous serriez juste un boulon ? Et vous, vous mettiez juste une goutte d’huile pour que ça ne grince pas ? Et vous, vous aviez peur, alors vous n’avez rien dit ?

20.09.2009

Résister (2)

Dans une récente chronique sous le même titre, j’évoquais les tribulations de Martine avec l’institution scolaire lors d'une campagne de vaccination contre l’hépatite B. Du coup, une autre personne m’a confié son histoire, une histoire aussi belle que rétrospectivement effrayante. Il s’agit encore d’une femme, à croire que plus directement reliées à la vie nos compagnes sont mieux protégées que nous de l’esprit de conformité. Celle-ci avait déjà des enfants et une nouvelle grossesse avait malheureusement tourné en fausse couche. Elle se retrouve tout de même enceinte et tout se passe bien jusqu’au jour où une hémorragie spectaculaire se produit. Entretien avec la gynéco de la clinique après un examen sommaire : « Madame, vous êtes en train de refaire une fausse couche. Demain matin, on fait le nécessaire. »

 

Ma narratrice se retrouve le lendemain matin à partager une chambre avec une jeune femme qui est là pour un avortement volontaire. Celle-ci lui confie toutefois qu’il n’est pas si volontaire que cela : elle aurait voulu conserver l’enfant mais elle subit la pression de son entourage. La vie est mal faite... Là-dessus, le chariot vient chercher « la fausse couche ». Vous pouvez vous représenter la scène, la mise en marche dès lors d'une sorte de mécanique inexorable. Sarah, couchée et véhiculée dans les couloirs au milieu de gens debout qui vont et viennent, n'est déjà plus qu'une chose neutralisée qu'on transporte. Elle se retrouve vite fait bien fait en salle d’opération, sur la table, dans la position que vous imaginez, l’anesthésiste à ses côtés, prêt à administrer l’injection. Et là, sursaut incroyable de la « fausse couche » qui demande une ultime écographie. La faiseuse d'anges patentée dissimule à peine son agacement. L’anesthésiste soupire : derrière, on fait la queue. « Vous y tenez vraiment ? » La patiente confirme. Oui, elle y tient. Plus qu'à tout. Et, pour une fois, plus qu'à être gentille, docile, sympa, arrangeante, etc. comme elle en a l'habitude. En ce moment, elle s'en fout de passer pour une emmerdeuse ou une demeurée. Alors, en rogognant on amène le moniteur sur roulettes. La poche amniotique n’est pas rompue, juste décollée. L’enfant est en bonne santé, il vivra, quinze ans après il vit toujours...

 

Est-ce que vous vous représentez la situation ? Vous êtes dans la position la moins digne qui soit, la moins propice à l'exercice de votre légitimité humaine: couchée à la renverse, nue sous une vague chemise, les jambes écartées, le ventre à l'air et en plus entourée de gens debout, dans leur uniforme, plantés sur leur territoire. Si vous vous souvenez de l’expérience de Philip Zimbardo que j’ai évoquée ici il y a quelques semaines, la position relative des corps et la façon dont ils sont – ou non - vêtus et chaussés induisent des postures psychologiques et prédéterminent une relation de dominant ou de dominé. Blouse blanche ou toge noire, chaire ou tribune, vêture ou dénudement, liberté des gestes ou contention, toutes les organisations, consciemment ou non, savent utiliser cela pour structurer des relations sur un mode inégalitaire. Pour vaincre cette pesanteur littéralement physique, il en faut! Ajoutez à cela une situation à la Milgram: « J’étais entourée d'experts qui tous, à juste titre, pouvaient prétendre en savoir plus que moi sur ce qui m'arrivait. En plus, ils ne me cachaient pas leur ennui. J’aurais pu me livrer à leur autorité. C’était la pente naturelle. Mais, en exigeant cette écographie, j’ai eu pour la première fois le sentiment vraiment profond que c'était moi et pas eux qui étais responsable de ma vie. »

 

Cette histoire m’a beaucoup ému. J’ai jugé qu’elle méritait d’être partagée. "Si je ne suis pas moi, qui le sera ? Et si je ne vis pas pour moi, qui vivra pour moi ?" (Hillel, IIème siècle).

18.09.2009

Nécessaire pandémie

Le Monde, édition électronique du 18 septembre, reprenant les informations diffusées par l’OMS, titre : « Grippe A, le virus se propage en France plus vite que dans le reste de l’Europe ». Dans l’article, il est précisé qu’il « existe actuellement 164 cas de grippe pour 100 000 habitants, soit le double du seuil épidémique de 84 cas pour 100 000 habitants ».

 

Maintenant, lisez ceci :

 

«  Si l’on consulte cette année le bulletin de l’InVs du 6 septembre 2009, on lira que le réseau sentinelle a détecté pendant la semaine 36 (du 31/08 au 06/09) 83 cas pour 100 000 habitants. Et que le seuil épidémique a été légèrement dépassé. Pourtant, on n’est qu’à la moitié du seuil épidémique fixé à 169. Cherchez donc l’erreur ou plutôt, ne cherchez pas, c’est écrit dans le bulletin. Tout simplement, le seuil épidémique a été abaissé à 80 cas pour 100 000. Dans le bulletin suivant, les chiffres consolidés rectifient à 74 cas pour la semaine précédente, tout en annonçant 164 cas ce qui serait largement au dessus du seuil épidémique fixé cette fois à 84 mais inférieur au seuil saisonnier de 169 servant de référence les années passées. Certes, ce n’est pas un flagrant délit de trucage mais simplement un changement du mode d’évaluation faisant que dans la presse, la ministre peut annoncer que la France est en situation d’épidémie, même si selon les critères des années passées, elle n’est pas en situation d’épidémie. »

 

Extrait de : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/manipulation...

 

Bref, on abaisse la vitesse maximum autorisée de 120 à 60 km à l'heure: à même allure hier vous passiez le radar, aujourd'hui on vous flashe - et vous casquez! 

 

Compte tenu de la petitesse des nombres cités, et sans mettre en doute la rigueur des membres du « réseau sentinelle », on peut aussi relativiser cette comptabilité en raison des biais inconscients qu'introduisent nos fonctionnements cognitifs. En des périodes plus frustres, il suffisait d’évoquer sorcières et démons pour que les gens se mettent à en voir à tous les coins de rue. Sous le double effet de la peur et de l'imagination, il y eut ainsi de véritables épidémies de possessions démoniaques. A d'autres époques, selon les lieux, certains voyaient des Juifs partout, ou des terroristes, ou encore des homosexuels ou des communistes. Il y a des modes. Si l’année dernière, vous étiez payés à compter les lapins de garenne sans qu’il y eût un enjeu particulier, il est probable que vous en aurez oublié quelques-uns. Mais si, cette année, on vous dit que les lapins sont de dangereux espions extraterrestres, vous préfèrerez inconsciemment en compter un de trop qu’un de moins. 

08.09.2009

Communauté

Quand, en France, on a prononcé ce mot, on a tout dit. La communauté, c’est le diable et, pour faire court, ce qui menace la République et l’ordre public. Je me souviens d’avoir essayé, il y a quelques années, de faire passer l’idée d’une fête annuelle des communautés et d’avoir frôlé l’incarcération psychiatrique. « Vous n’y pensez pas ! Mais c’est très dangereux ce que vous proposez là! Vous allez renforcer le fait communautaire ! » Qu’avais-je donc imaginé d’aussi séditieux ? Qu'un peu sur le modèle de la « fête des voisins », chacune des communautés qui, de fait, existent et habitent la capitale – Bretons, Basques, Juifs, Maghrébins, Colombiens, Asiatiques, etc. -  s’organise pour, au jour dit, en un lieu choisi, dresser une table et offrir les produits de sa cuisine familiale. Le naïf que je suis n’est pas encore revenu des réactions violentes qu’il s’est alors attirées...

 

Pourtant, les communautés existent. Les nier, c’est nier un fait et, surtout, c’est nier l’humain. Quand des humains font connaissance pour la première fois, ils se disent très vite d’où ils sont, de Villeneuve-sur-Lot, de Saint-Omer, de Jérusalem ou de Montlignon, de Vendée, de Lot-et-Garonne, du Pas-de-Calais ou de Colombie. C’est-à-dire qu’ils évoquent les lieux où ils ont le sentiment de s’être socialisés. Dans notre pays, la référence culinaire ajoute encore à ces références identitaires. On fait la cuisine à l’huile, au beurre ou à la graisse. Nos mères savent faire le confit, la choucroute, le couscous ou la carpe farcie. Ces simples détails que nous livrons instinctivement montrent qu’à moins de sombrer dans le cauchemar d’une société aussi abstraite que totalitaire, comme celle de La République de Platon, les communautés sont la chaleureuse matrice de l’humain et que rien, sauf quelques ambitieux, des idéologies et les blessures mal guéries de leur histoire, ne les prédispose à s’entretuer.

 

C’est quand même par une communauté qui s’élargit peu à peu – la famille - que tout commence. C’est d’elle que nous apprenons la langue dite maternelle, que nous prenons nos inflexions, que nous acquérons les valeurs, les sociabilités et les codes qui font qu’on sera capable de vivre ensemble, qu’on recevra la culture qui vient prolonger la nature et fait de nous des humains. Je ne serais pas celui que je suis sans la combinaison d’au moins deux cultures – la gasconne et la vendéenne – qui sans doute m’ont davantage façonné que le mélange des sangs et qui me font ressentir une complicité pour un certain genre d'humains. Suis-je pour autant un mauvais démocrate ? Le penser serait croire, pour reprendre la belle image de Kant, que « l’hirondelle volerait encore mieux dans le vide ». Au vrai, il y a une façon de se représenter le citoyen idéal - et l'agent économique aussi d'ailleurs - qui est de l’ordre du désincarné.

 

Il n’y a guère que les régimes totalitaires pour imaginer ou réaliser la dissolution de toute identité et de tout lien au profit de l’Etat. Or, si on y regarde de plus près, ceux qui troublent aujourd’hui l’ordre public sont plus souvent les enfants de populations tombées dans l’anomie, défaillantes de structures, que de communautés qui seraient en guerre en tant que telles avec d’autres. Certains de nos Diafoirus feraient bien de revoir West side story, cela leur redonnerait en douceur une petite perspective historique. Puis, si on veut bien en rajouter une couche quant aux causes qu’on ne veut pas voir, on pourra aussi comprendre que la déification du marché parfait – cette Déesse Raison des temps modernes - avec le fantasme de l’agent économique rationnel, ont détruit l’affectio societatis. Mon ami Maurice Obadia aurait bien de choses à rajouter quant au mépris dans lequel est tenue par les « experts » cette économie relationnelle qui, bonne ou mauvaise, sous-tend et précède, qu’on le veuille ou non, aussi bien la théorie politique que l’économie marchande...

02.08.2009

La pandémie de l'indécence

La caractéristique d'une crise obsessionnelle, c'est le rétrécissement du champ de conscience. L'univers se résume alors à l'objet de l'obsession. Grâce à quelques indisciplinés qui ont échappé au délire, voici (parmi d'autres possibles) une remise en perspective excellente: 

http://actu.orange.fr/articles/a-la-une/Grippe-A-le-syste...

 

27.07.2009

La bulle porcine

Le 30 avril, Le Monde reprenait à la une une déclaration de l'OMS: "La pandémie est imminente". C'était il y a trois mois. Malgré ce premier flop, voici il y a quelques jours, un autre titre à peine moins affirmatif: "Le virus de la grippe A(H1N1) pourrait affecter 20 millions de Français d'ici la fin de l'année" Cf. http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=AR...

Aujourd'hui, un homme de l'establishment médical et politique, le professeur Debré, ose enfin prendre le contre-pied du délire: http://actu.orange.fr/articles/france/Le-grippe-A-H1N1-n-...

Je trouve qu'il y a une similitude de pathologie entre la propension de la Bourse à gonfler des bulles et toute cette affaire autour de la grippe du cochon...

Toutes les notes