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31/03/2010

L'art des illusionnistes

 

L'art des illusionnistes est de pointer du doigt ou de l'oeil l'endroit où il ne se passe rien de façon à détourner notre regard de l'endroit où il se passe quelque chose. J'ai fait maintes fois l'expérience de projeter un film d'une trentaine de secondes qui montre des jeunes gens en train de se passer un ballon, un peu comme une partie de basket improvisée. Le jeu consiste à compter les passes. Quand on a bien discuté du nombre de passes sans arriver à se mettre d'accord, je demande si quelqu'un a remarqué quelque chose d'anormal dans la scène qu'on vient de visionner. En effet, pendant que les jeunes gens s'amusent avec leurs ballon, un personnage déguisé en gorille passe au milieu d'eux, s'arrête et fait coucou aux spectateurs. Sur des auditoires compris entre douze et 100 personnes, il y a entre une et cinq personnes qui repèrent "l'animal". La question, évidemment, que je pose ensuite c'est: "Y a-t-il des choses que vous comptez, dans votre vie de tous les jours, qui vous empêchent de voir d'éventuels gorilles ?" 

Je connais, dans notre pays, des gens qui vivent dans l'angoisse de "l'islamisation" et qui deviennent agressifs quand on tente de les raisonner. Ils voient déjà les femmes européennes obligées de se couvrir la tête dans les lieux publics! Or, il y a quatre minarets en Suisse et 367 burqa en France. Que voile le voile au juste ?

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/HALIMI/18990

18:11 Publié dans Aveuglement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : crise, banques, burqa

Un article de Véronique Anger

 

Si le fondement de la démarche scientifique, c'est le doute systématique, le débat sur le climat relève plutôt d'une guerre de religion.

Véronique Anger imagine Galilée convoqué de nouveau au Saint-Office pour délit d'opinion non conforme:

 

http://www.lepost.fr/article/2010/03/30/2011053_climato-s...

 

CLIMATO-SCEPTICISME : Galilée convoqué devant le Saint-Office ?

 

Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée en 1633, d'abjurer à genoux la formule prévue par le Saint-Office ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu'ils jurent qu'ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l'aide du dieu écolomaniaque, tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l'écologie est une chose trop sérieuse* pour la confier aux seuls écologistes surtout s'ils sont climatologues...

Au nombre des « scientifiques compétents en sciences du climat » (pour reprendre les termes consacrés) signataires de l'appel initié par la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, citons les plus médiatisés, le climatologue Hervé Le Treut et le climatologue et géochimiste Jean Jouzel. « Anti-sceptiques » virulents(1), Le Treut, Jouzel et Masson-Delmotte sont tous membres du Groupe International d'Experts Intergouvernemental (le fameux GIEC). Plus intéressant encore, depuis près de dix ans, chacun d'entre eux a tout misé sur la démonstration de la réalité du réchauffement d'origine humaine pour asseoir sa carrière et sa réputation scientifiques. Une carrière qui risque fort de connaître un ralentissement -et les budgets, des coupes sévères- en raison des révélations publiques sur les « erreurs » à répétition du GIEC. Pour ces chercheurs qui soutiennent le GIEC et ses thèses alarmistes sur le réchauffement, empêcher les « hérétiques » de s'exprimer devient une question de survie. Il y va de leur crédibilité et de leur intégrité. Et cette tentative désespérée de faire taire les voix qui s'opposent au discours officiel, dicté par le GIEC à la communauté scientifique mondiale, résonne déjà comme le chant du cygne...

 

Le retour de la censure et de la mise à l'index ?

Ainsi, 275 personnes (dont la signature n'engage pas leur organisme de tutelle) se sont laissé embarquer, plus ou moins de bonne foi, dans une croisade contre les climato-sceptiques. Car il s'agit bien d'une guerre de religion opposant croyants et non croyants si l'on se réfère à la « profession de Foi » de cette lettre ouverte, ou plutôt de cette « pétition ». Un texte qui sera adressé le 7 avril prochain par courrier recommandé (juste avant sa mise en ligne sur le Net) à : Mme la ministre de la Recherche, M. le directeur de la Recherche, M. le président de l'agence d'évaluation de la Recherche, M. le président de l'académie des Sciences, M. Le président directeur général du CNRS, MM. Les directeurs et directeurs adjoints de l'INSU et l'INEE du CNRS et enfin à M. le président du comité d'Ethique du CNRS. Il ne manque plus que le pape Benoît XVI pour que la liste soit tout à fait complète...

 

Titrant « Ethique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte » (ce texte -qui circule en privé parmi les chercheurs mais sur un lien ouvert- ainsi que la liste des signataires, sont visibles sur le site du club des argonautes et reproduits à la fin de cet article) les chantres scientifiques du « réchauffisme » rappellent le dogme et exigent du Saint-Office(2) (les hautes instances citées plus haut et sollicitées pour prendre position) qu'elles obligent les scientifiques à se conformer à la Règle sous peine d'une mise à l'index...

 

« Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l'académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l'organisation de l'expertise internatinale, criant à l'imposture scientifique, comme le fait Claude Allègre dans L'imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010) pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) dans son séminaire de rentrée de l'IPGP(...). ». Revoilà les bêtes noires(3) des alarmistes... Il faut décapiter les hérauts du climato-scepticisme, ou peut-être brûler vifs ces hérétiques sur un bûcher ? Au train où vont les choses, cela ne saurait tarder : il suffirait que le Saint-Office donne raison à ces inquisiteurs des Temps modernes... Mais il faudra alors allumer, non pas deux, mais des dizaines de milliers de bûchers car plus de quarante mille scientifiques(4) dans le monde ont déjà signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes, pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux.

 

Le GIEC n'est plus vraiment en odeur de sainteté auprès des politiques, et les alarmistes n'ont plus le vent en poupe dans l'opinion publique depuis le fiasco du sommet de Copenhague, il semble donc peu probable que les hautes instances souhaitent se fourvoyer dans ce qui s'apparente plus à une tentative de cabale qu'à un véritable appel à l'aide pour faire respecter l'éthique scientifique. Les signataires l'affirment : « Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d'un sentiment d'impunité totale de la part de leurs auteurs. ». Un « sentiment d'impunité totale »... voyez-vous ça... serions-nous revenus à l'époque où la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome accordait aux savants des dispenses pour accréditer leurs travaux ? Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée(5) en 1633, d'abjurer à genoux la formule prévue par la censure du Saint-Office, des inquisiteurs généraux et de leurs cardinaux ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu'ils jurent qu'ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l'aide du dieu écolomaniaque(6), tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l'écologie est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls écologistes surtout s'ils sont climatologues...

 

Un combat politique pour la décroissance... au nom de la science !

A l'heure où les plus gros émetteurs de CO2 (la Chine est le premier producteur d'éolien et les Etats-Unis investit massivement dans les énergies durables) la vieille Europe -et tout particulièrement la France (empêtrée dans sa taxe carbone...)- ont laissé des scientifiques idéologues discréditer la communauté scientifique aux yeux des élites dirigeantes et du public en utilisant la science -au nom du réchauffement climatique, du principe de précaution et des générations futures- pour servir une cause politique : leur combat pour la décroissance. Des chercheurs climato-alarmistes qui, en refusant le doute scientifique émis par leurs pairs, ont aussi trahi la science et le « pacte moral qui relie les scientifiques et la société ».

 

A ces scientifiques qui ont une notion dogmatique, religieuse même, de la vérité scientifique, je me permets de rappeler la définition du principe de précaution dont ils se réclament. Définition, publiée dans le Rapport sur le principe de précaution rédigé par le groupe d'experts de l'UNESCO et adoptée par la Commission Mondiale d'Ethique des Connaissances Scientifiques et des Technologies (COMEST) : « Il faut que les scientifiques modèrent l'ambition irréalisable de quantifier sérieusement tous les risques et qu'ils s'orientent vers une ambition plus modeste consistant à caractériser les dangers sous-jacents.(...) L'évaluation des risques et la fixation d'une politique doivent par conséquent avoir l'assentiment du public et bénéficier de sa participation. ». Le principe de précaution, appliqué à tort et à travers, est un frein au progrès parce qu'il n'y a pas de progrès possible sans prise de risque. Il n'est jamais trop tard pour faire son mea culpa...

______________________________

 

*Pour paraphraser la formule célèbre de Georges Clémenceau : "La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires".

 

(1) Les figures de proue des signataires de cette « lettre ouverte » :

 

- Né en 1947, Jean Jouzel, climatologue, géochimiste, est l'ancien directeur de l'institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (UVSQ-CEA-CNRS), directeur de recherche au commissariat à l'énergie atomique. Il a été vice-président du premier goupe de travail du GIEC sur les principes physiques et écologiques du changement climatique. De même que tous les autres scientifiques membres du GIEC, il partage avec Al Gore et le président du GIEC Rajendra Pachauri le prix Nobel de la paix 2007.

 

- Né en 1956, Hervé Le Treut, climatologue, spécialiste de la modélisation numérique du système climatique et des évolutions futures du climat. Ses travaux ont donné lieu à une centaine de publications. Il est membre de l'académie des Sciences, directeur de l'institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), professeur de mécanique à l'école Polytechnique. Il a publié Nouveau climat sur la terre : comprendre, prédire, réagir(Flammarion, 2009) et L'effet de serre, allons-nous changer le climat ? (Flammarion, Poche 2009) avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste de l'énergie et du climat, connu pour ses idées « réchauffistes »,Réchauffement climatique avec Lionel Charles (Syllepse éd., 2006), Le changement climatique avec Guy Jacques (Eds Unesco, 2004), Effet de serre avec Jean-Marc Jancovici (Dictionnaire et encyclopédie poche, Flammarion, 2001). Sa communication grand public est axée sur la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique.

 

- Née en 1971, paléoclimatologue ingénieur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), Valérie Masson-Delmotte, qui est à l'initiative de cette pétition, ne bénéficie certes pas de la notoriété des personnes qu'elle cherche à atteindre à travers cette pétition. Inconnue du grand public, son œuvre de vulgarisation scientifique se limite à quelques livres pour la jeunesse publiés par Le Pommier dans sa collection MiniPommes : Atmosphère, quel effet de serre ! (2009), Le climat de nos ancêtres à nos enfants (2005) ou Atmosphère, atmosphère (2008). Cet ouvrage (si l'on se réfère au mot de l'éditeur) « entre fiction et documentaire, aborde les enjeux liés au climat. Un habitant venu du futur enseignera bien des choses sur les changements climatiques. ».

 

(2) La Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome (dit Saint-Office) fondée sous le nom de Sacrée congrégation de l'inquisition romaine et universelle par le pape Paul III dans la bulle Licet ab initio le 21 juillet 1542, Cette congrégation avait pour mission de définir et lutter contre les hérésies.

 

(3) Claude Allègre est géophysicien, géochimiste, ancien ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin de 1997 à 2000, membre de l'académie des Sciences. Médaille Fields, médaille d'or du CNRS, prix Crafoord pour la géologie, médaille Wollaston. Dernier titre publié : L'imposture climatique, ou la fausse écologie (avec Dominique de Montvalon. Plon, février 2010).

 

Vincent Courtillot est géophysicien, spécialiste du paléomagnétisme, professeur de géophysique à l'université Paris-Diderot, membre de l'académie des Sciences, directeur de l'Institut du Globe de Paris (IPGP). Ses recherches actuelles s'orientent vers la modélisation des conséquences climatiques des grands "traps" (plateaux basaltiques). Il est l'auteur de nombreuses publications scientifiques (dont 7 publications sur le climat passées par le filtre standard des publications scientifiques, avec Jean-Louis Le Mouël. Cf : "Publications les plus représentatives" sur le site de l'académie des Sciences). Dernier ouvrage publié : Nouveau voyage au centre de la terre (Odile Jacob, septembre 2009).

 

Je rappelle que MM. Allègre et Courtillot prônent une écologie "réparatrice" plutôt que "culpabilisatrice" et n'ont de cesse d'alerter sur les grandes urgences écologiques, notamment l'accès à l'eau potable, le traitement des déchets urbains, la surpopulation, la faim, l'éducation, la transition vers les énergies durables, etc.

 

 

(4) Plus de 40.000 chercheurs dans le monde ont signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux (sources : La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! (annexes) et le site de Climat-sceptique) :

 

(5) Physicien, astronome italien (1564-1642), père de l'observation astronomique et de la physique moderne, Galileo Galilei dit Galilée est célèbre pour avoir soutenu une conception copernicienne de l'univers, ce qui l'a voué aux gémonies des partisans du géocentrisme et de l'Eglise catholique romaine comme chacun sait. Il laisse à la postérité son livre Le dialogue sur les deux grands systèmes du mondecommandé par le pape Urbain VIII vers 1620 et publié en 1632, dans lequel il soutient la thèse héliocentrique alors interdite par l'Eglise catholique.

 

(6) Aboutissement d'une réflexion initiée il y a plusieurs années, par l'article « Claude Allègre, hérétique ? », j'ai abordé le thème de l'écolomania dans une trentaine d'articles. Dans mon dernier essai, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! (publié aux éditions L'Arganier en novembre 2009 et en version intégrale sur Calaméo depuis le 15 mars 2010) je tente de décrypter « l'écolomania » sous l'angle religieux. N'étant pas scientifique, le propos n'est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique, mais bien une analyse sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à l'émergence d'une nouvelle intolérance d'ordre religieux. Les questions principales sont : Doit-on accepter sous couvert de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l'écolomania ?

Ma vidéo de présentation du livre. Plus d'infos sur le livre.

 

Lire aussi :

- « Variations sur le thème de l'écolomania »

- « Pr Henri Atlan : La religion de la catastrophe »

Le point de vue de Marcel Leroux, climato-sceptique (décédé en 2008).

- « Sur le réchauffement climatique » exposé à Nantes de Vincent Courtillot (septembre 2009)

Serge Galam : « Le réchauffement n'est pas scientifiquement prouvé ». Son dernier livre : Les scientifiques ont perdu le Nord (Plon, 2008)

Benoît Rittaud : «  Jean Jouzel en panne d'arguments contre « Le Mythe climatique » et son dernier livre : Le mythe climatique (Seuil, 2010).

 

 

Illustration : Le procès de Galilée par le tribunal de l'Inquisition catholique romaine. Peinture du XIXème siècle de Joseph-Nicolas Robert-Fleury.

 

 

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TEXTE DE LA PETITION

en ligne sur le site du club des argonautes, à l'initiative de Valérie Masson-Delmotte :

 

« Le samedi 27 Mars 2010

277 Internautes ont signé l'appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

 

Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iF... est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.

 

Les signataires s'engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n'est faite qu'au titre de la transparence.

 

En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.

 

ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N'OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !

 

Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu'au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d'abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.

 

En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"

________________________________________

 

Destinataires :

 

Mme la Ministre de la Recherche

M. le Directeur de la Recherche

Mr le Président de l'Agence d'Évaluation de la Recherche

M. le Président de l'Académie des Sciences

M. le Président Directeur Général du CNRS

Mrs. les Directeurs et Directeurs adjoints de l'INSU et l'INEE du CNRS

M. le Président du Comité d'Éthique du CNRS

 

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

 

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences, qui n'ont pas réagi aux accusations calomnieuses lancées à l'encontre de notre communauté.

 

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C'est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

 

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l'éthique scientifique. Lorsqu'on identifie, après la publication d'un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d'usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d'expert intergouvernemental sur l'évolution du climat (« Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie ») concernant le devenir des glaciers de l'Himalaya. En l'absence de procédure formelle d'« erratum », le GIEC a publié son « mea culpa » (http://www.ipcc.ch/pdf/presentation... ;), reconnaissant l'erreur, et pointant que les processus de relecture du groupe 2 (rédigé et relu par les spécialistes des impacts du changement climatique sur les écosystèmes et l'économie) n'avaient pas fonctionné. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

 

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l'Académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l'organisation de l'expertise internationale, criant à l'imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L'Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009), dans son séminaire de rentrée de l'Institut de Physique du Globe de Paris ( http://www.ipgp.fr/pages/040805.php...) ou bien dans les « libres points de vue d'Académiciens sur l'environnement et le développement durable » ( http://www.academie-sciences.fr/act...). Leurs accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d'expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

 

Ignorons le dénigrement, la théorie du complot et les aspects politiques. Appliquons-leur simplement la même exigence de rigueur qu'à n'importe quel manuscrit scientifique. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s'ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique.

 

Plusieurs hypothèses sont possibles, pour expliquer la publication d'ouvrages dont certains battent tous les records en termes d'erreurs de forme et de fond pour l'ensemble des arguments scientifiques : s'agit-il d'une provocation délibérée, pour se placer en position de victime, et attirer la sympathie du grand public ? S'agit-il d'incompétence, ces auteurs croyant sincèrement à leurs affirmations fausses, faute d'une connaissance de la littérature scientifique ? D'une mauvaise foi délibérée, l'éthique scientifique étant mise aux oubliettes, et l'apparence pseudo-scientifique (références fausses, courbes inventées, résultats scientifiques détournés...) étant mise au service d'un message avant tout politique ?

 

Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d'un sentiment d'impunité totale de la part de leurs auteurs, qui oublient les principes de base de l'éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

 

Nos observations, nos études des processus physiques, nos outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale, nous montrent que :

 

  • les émissions de gaz à effet de serre, en augmentation, modifieront durablement le bilan radiatif terrestre;

 

  • la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat ne repose pas sur des corrélations empiriques, mais sur l'étude de mécanismes physiques, amplement démontrés. Les modèles de climat sont très largement testés sur leur capacité à représenter les processus clés du changement climatique en cours ainsi que des variations climatiques passées;

 

  • l'amplitude et la structure des changements observés depuis 50 ans sont cohérents avec les conséquences théoriques d'un réchauffement induit par un surplus de gaz à effet de serre;

 

  • les conséquences d'une poursuite au rythme actuel des rejets de gaz à effet de serre peuvent être graves, d'ici quelques décennies.

 

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences au sujet de leur silence vis-à-vis d'accusations publiques sur l'intégrité des scientifiques du climat, accusations qui sortent du cadre déontologique.

 

 

Liste des premiers signataires

 

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS).

 

Auteur: Véronique Anger

Véronique Anger-de Friberg
Les Di@logues Stratégiques. Mieux comprendre la complexité et l'évolution du monde

 

30/03/2010

Ecomanagement

 

 Mon ami Francis Karolewicz fait partie de ces gens qui nous montrent sans se lasser la direction que nous devrions prendre si nous voulons que nos lendemains ne soient pas seulement le résultat de la force des choses. Je dis « sans se lasser », car il y a du mérite à promouvoir depuis une vingtaine d'années une démarche humaniste auprès des entreprises, alors que la crise, ses prodromes et ses perspectives, ont rappelé les vieux réflexes darwiniens - à l'instar de ces démons dont parle l'Evangile qui, un moment écartés, reviennent en force.

 

Plus que toute autre chose, il faut de la résilience pour continuer à promouvoir un modèle de management équilibré, alors que le long terme commence après-demain, que l'on rêve d'organisations qui auraient plein de clients et aussi peu de collaborateurs que possible, et que même l'intelligence politique a démissionné au profit de la théorie du « tout marché ». Loin cependant de plaider un modèle contre un autre,  c'est dans le droit fil de la « pensée complexe » d'Edgar Morin que  Francis Karolewicz s'efforce de tenir ensemble les antagonismes au lieu de les disjoindre. Il ne propose pas de couper des têtes ou de faire la révolution. Il ne propose pas l'antienne du partage de la valeur ajoutée, arène où se disputent sans fin les actionnaires, les clients, les salariés et le fisc. Il propose la création de richesses supplémentaires - et de multiples sortes - grâce à de meilleurs agencements des dynamiques qui font l'entreprise. Sagesse et management, si ces deux mots peuvent encore cohabiter...

 

Au delà de l'humanisme de l'auteur, ce que j'aime dans la démarche que développe ce dernier livre, c'est qu'elle s'inspire de l'intelligence du vivant, celle que l'on voit à l'œuvre dans les écosystèmes, celle qui crée les équilibres de la pérennité. La pérennité n'est pas une succession d'immédiatetés, de rounds, d'étapes. Cela, c'est une illusion d'optique, une métaphore trompeuse. On a vu, à la faveur de la crise, des géants s'effondrer, qui avaient tout fait depuis des lustres, « match après match », pour maximiser leurs profits. La pérennité ne résulte pas non plus d'une causalité simpliste : « Combien tu me donnes, combien je te donne ». Au contraire, elle emprunte des chemins détournés. Ce que nous avons libéré dans la nature, en bien ou en mal,  ne nous revient qu'au terme de boucles complexes. Et dans ces boucles complexes, si on parle de la production de richesses, il y a l'humain, les « ressources humaines ».

 

Cette citation de Christiane Singer que j'ai trouvée en exergue à un article de Marie-Françoise Bonicel me parle beaucoup : « Chaque matin, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle de réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir ». Si, dans cette parcelle de réel qui vous est confiée, il y a des hommes et des femmes en situation de travail ou d'apprentissage, plongez-vous dans le dernier livre de Francis Karolewicz et faites-en quelque chose.

 

Ecomanagement, un management durable pour des entreprises vivantes, Francis Karolewicz, Editions de Boeck.