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20/05/2014

Histoire non-électorale farfelue du Président Bio

 

 

 

- Papy, Papy, raconte-moi l’histoire du Président Bio !

- Ah! un sacré bonhomme, mon gars, tu peux me croire! Son premier discours politique, qu’on a appelé l’Appel du 29 février… 

- Pourquoi l’a-t-on appelé ainsi ?

- Ben, parce qu’il l’a prononcé un 29 février…

- C’est tout ? Alors ?

- Eh! bien, son Appel n’avait rien d’un discours politique. L’homme était un scientifique et il nous a fait un cours de biologie cellulaire… 

- C’est qui, Lulaire ?

- Tu me l’as déjà faite, Léandre !

- C’est pas une raison pour ne pas rire!

- Ah! Ah! 

- Bon, c’est mieux que rien. Alors ?

- Eh! bien, il nous a d’abord expliqué que l’étoffe de la vie est la complexité. C’est-à-dire que, lorsque tu suis l’évolution qui va des minéraux jusqu’aux organismes vivants et à l’homme, tu trouves des systèmes composés d’une combinaison croissante de molécules puis de cellules différentes. 

- C’est un peu compliqué cette histoire de complexité… 

- Compare l’eau au corps du poisson - ou d’un être humain!

- Mouais… L’eau, c’est toujours de l’eau, tandis que dans notre corps il y a de l’eau, mais aussi les cheveux, la peau, les yeux, le foie, etc. Alors ?

- Il nous a donc dit que nous étions faits d’une grande diversité de cellules et que, si elles ont des besoins communs - par exemple d’eau et d’oxygène - elles ont aussi des besoins propres à leurs diverses fonctions.

 - Comme des véhicules qui utilisent des carburants différents ?

- C'est cela. J’en viens à l’essentiel: pour préserver son équilibre intérieur, chaque cellule est entourée d’une membrane qui laisse entrer certaines choses et pas d’autres. Tout cela contribuant à conserver à la cellule ses singularités. Il a d’ailleurs parlé d’une « identité » cellulaire. Il nous a expliqué que si l’on dissolvait les membranes des cellules qui composent notre corps, leurs contenus s’épancheraient, se mélangeraient, et nous mourrions. 

- Et c’est comme cela qu’il est devenu président ?

- Parce que son discours nous a permis de décoder scientifiquement le mal dont nous souffrions! Nous étions des cellules dont on dissolvait la membrane! 

- Mais pourquoi on vous faisait cela ?

- Si la membrane est ce qui permet à la cellule de se conserver, on peut dire qu’elle lui donne une sorte d’autonomie. 

- Pourquoi ?

- Parce que tu maîtrises quelque chose qui te concerne. Tu contrôles ce qui entre et sort. Et cela, ça faisait problème, surtout si l’on considère que les cellules dont je te parle, c'étaient les êtres humains eux-mêmes mais mais aussi leurs pays.

- Des méga-cellules alors!

- Oui, mais qui fonctionnent à l’image des toute petites. Et - qu'il s'agisse des individus ou des pays - le contrôle ne s'exerçait pas seulement sur des choses matérielles mais aussi sur les idées et les émotions. 

- Et pourquoi cela faisait problème ?

- Il y avait ceux qui pensaient que cette autonomie pouvait dériver vers de la belliquosité et qui rêvaient d’une planète sans frontières.

- La frontière, c’est la membrane ?

- Oui. Et elle filtre les marchandises et les gens, mais aussi les règles qui vont organiser la vie. On peut être des pays voisins et ne pas vouloir vivre à l’identique, ou avoir un mode de vie qui ne correspond pas à la même organisation économique. Cela n'empêche pas d'être amis.

- Et la.. bellimachin ?

- Le goût de la guerre. Et il y avait aussi d’autres organismes, parfois plus puissants et plus riches que les pays et qui auraient bien voulu aussi supprimer les frontières.

- Des bons et des méchants, alors, qui veulent la même chose ? C’est zarbi…

- Je dirais plutôt des naïfs et des rapaces. La question de fond, c’est le territoire: qui a le droit de l’exploiter et de décider comment on y vit, ce qu’on y mange, ce qu’on y cultive et comment ? Ceux qui y vivent - ou ceux qui ont les moyens de l’acheter ou d’imposer leurs règles ? Et si j’ajoute que ceux qui ont ces moyens les ont acquis grâce à une escroquerie aux dépens des pays…

- Elle est de plus en plus embrouillée ton histoire… Et le président Bio ?

- J’y viens. Nous venions de nous voir imposer l’obligation d’autoriser la culture des OGM. 

- Je sais ce que c’est les OGM! J’ai vu Ogemic Park, le film de Steenberg Spieler!

- Dans un sens, ce fut une bonne chose. C’est ce qui a fait exploser les frustrations et les colères qui s’accumulaient depuis 2005.

- Dis donc, ça remonte à loin! Qu’est-ce qui s’était passé en 2005 ? 

- Le peuple avait voté contre un projet de Constitution européenne qui amorçait la dissolution de nos membranes et nos hommes politiques l’ont quand même signé.

- Ils vous ont fait ça et vous n’avez pas fait la révolution ? Je veux pas dire, Papy, mais… 

- Tu n’as pas vécu cette époque, tu ne peux pas comprendre!

- Ne te fâche pas, ça m’étonnait, c’est tout!

- Quand on nous a imposé les OGM, nous nous sommes retrouvés 2 millions de manifestants à Berlin. Il s’en est fallu de peu que la tête de Von Rampouille se retrouve au bout d’une pique.  

- Et le Président Bio ?

- C’est là qu’il a pris la parole et expliqué ce que je te disais: un pays qui ne conserve pas une membrane qu'il contrôle livre sa population aux puissances du dehors. Quand tu n’es plus maître des règles qui s’appliquent chez toi, tu n’as plus de chez toi, tu es chez les autres. Et, les autres, ils n’ont pas forcément les mêmes intérêts que toi. Peut-être que, pour eux, tu n’es qu’un moyen de s’enrichir. Un pays sans frontière, cela fait des hommes et des femmes sans défense, parce qu'un individu ne fait pas le poids face à de tels pouvoirs. Et, un jour, cela fait des humains sans identité, des consommateurs, rien que des consommateurs. 

- Et c’est tout ?

- Les histoires qu’on se raconte font notre destin. Jusque là, la seule histoire qui se racontait, qui se posait comme la vérité, comme scientifique, c’était celle de l’économie. Au point qu’on attendait sans cesse la reprise de la croissance matérielle tout en sachant que cette croissance empoisonnait la planète. Au point qu’on voyait l’emploi disparaître mais qu’on réclamait davantage encore du processus qui entraînait cela.

- Je veux pas dire, mais… Ouais, enfin… Donc, le Président Bio, il vous a apporté une autre histoire, celle des petites cellules ? C’est tout ? 

- Léandre, il a changé notre logiciel d’exploitation…

 

 

 

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