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08/01/2008

Eloge du tabac

Alors là, allez-vous me dire, vous dépassez les bornes! Passe encore que vous critiquiez un système économique qui vous fait vivre - vous travaillez bien dans une banque n'est-ce pas ? Passe même que vous répandiez le doute sur tout ce qui fait que la société tient debout! Mais faire l'éloge d'un empoisonneur, d'un tueur en série! Vous ne croyez pas que l'anticonformisme a ses limites qui sont celles de la bêtise ?

Eh! bien, je vous avouerai que, dans les quelques grandes occasions que je sais trouver bon an mal an - comme le 1er janvier ou mon anniversaire - je m'accorde un moment précieux et égoïste en compagnie d'un montecristo n° 3. Bien entendu, je le fais dans des conditions telles que personne ne puisse en souffrir - ou m'en gâter le plaisir. Aussi, alors que pétuner est en train de devenir plus scandaleux qu'être fourbe ou débauché, j'ai été ravi de lire hier soir un article de Laurent Greilsamer dont j'extrais, pour vous en donner le goût, cette citation: "[...]l'on peut se demander jusqu'à quel point le tabac, consommé dans les premiers cafés parisiens, n'a pas joué un rôle dans l'émergence puis l'épanouissement de la démocratie. Ou encore si son usage massif dans les réunions et les assemblées générales des associations et mouvements ouvriers n'a pas servi de carburant méconnu à la révolution. Il faudra bien un jour s'interroger sur la puissance excitante et mobilisatrice du tabac, sur la fraternité inhérente au partage des cigarettes et sur la capacité d'envoûtement des volutes de fumée."

Je vous invite instamment à lire l'intégralité de l'article à cette adresse: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-994701,0.html . C'est fin, spirituel et plus profond que certains voudront l'admettre. Car j'entends déjà s'agiter les chasseurs de sorcières, les adeptes du karcher et les extrémistes de la société nickel chrome. Alors que je partage totalement l'éthique qui consiste à ne pas nuire à son voisin, qu'il soit de palier, de bureau ou de bistro - en l'occurrence donc à ne pas en faire un "fumeur passif" - et alors que je me défends de toute forme de dépendance y compris de celles que la société de consommation cultive en toute légalité - en revanche je suis révulsé par ce qu'il peut y avoir de petitesse dans certains comportements. Je parle de ceux d'entre nous qui, dans la loi, n'aiment pas tant sa pertinence que l'opportunité qu'elle leur donne de jouer au jeu bien connu du "Salaud, cette fois je te tiens!" Quelle jouissance, n'est-ce pas ? Enfin, la revanche a un goût de justice! Enfin, la mesquinerie peut endosser la toge d'une grande cause! Si on s'intéresse un jour à la pollution psychologique, évacuer les mauvais sentiments qui empoisonnent les bonnes causes sera une autre paire de manche que chasser la tabagie de nos bistros!

Je ne nierai pas les méfaits du tabac dans son usage compulsif et je ne conteste pas la réglementation. Je me demande pourquoi, de tant de dangers que nous produisons en masse, celui-ci a été à ce point diabolisé. Serait-ce que certains lobbies, comme par exemple - au hasard - celui des pesticides* - sont beaucoup plus puissants ?

* Voir http://www.pesticides-lelivre.com/

Commentaires

Je suis non-fumeur et le tabac m'agace profondément. Je me révolte même de devoir me définir par la négative : non-fumeur... Mais je me console en me souvenant que "Négoce" vient d'une autre négation latine, le Nec-otium, l'absence d'oisiveté.
Cependant, la surenchère de loi m'agace davantage. Nous sommes un pays où les obligations légales sont telles que tous les ignorent. Il a même fallu inventer une loi pour éponger cette surenchère : nul n'est sensé ignorer la loi...
Je m'interroge sur cette nouvelle injonction et mon vieux fond anar proudhonien s'interroge à son tour : quand favoriserons nous la responsabilité de chacun du collectif, du vivre ensemble? Plus je légalise et plus je fais exister le fait que la transgression est possible, qu'elle est une réalité. Je la renforce...
De la même manière je me suis interrogé sur la loi sur la parité homme femme. Ne renforçons nous pas ici la différence? Voire, si on avait l'intention d'en sortir, ce n'est plus possible. Désormais il y a les femmes d'un côté et les hommes de l'autre et l'hypothèse de l'être ensemble commun est empêchée... Alors, j'ai proposé dans une chanson de construire un mot qui ne serait pas composé, un concept donc, et qui désignerait les hommes et les femmes à la foi. Pas l'être humain ou la personne qui a d'autres sens corrélés, mais un mot générique : en prenant ce qu'il y a de commun à "homme" et à "femme", soit "mme" et en y ajoutant la première lettre de l'un et la seconde de l'autre, ça donne "hemme" que certains à tord prononcent "hémme" mais qui, à l'instar du mot femme se prononce "hâmme"... Tien, ça me rappelle quelque chose...
Voilà, c'est plutôt ce type d'action que j'attend et, qu'il me semble, nous avons besoin.
Au delà je me demande si cette loi anti-tabac n'est pas un écran de fumée...

Écrit par : jean-Marc SAURET | 08/01/2008

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