26.01.2009
Aujourd'hui, le coup de gueule de Francis Karolewicz!
AGIR OU SUBIR
Les oiseaux de mauvais augures rôdent autour de nous annonçant des temps difficiles. Le ciel s’obscurcit et tout le monde se met à l’abri de peur de se mouiller. Mais le piège est justement là. Au lieu de se mettre tous ensemble immobile et transis de froid à attendre les beaux jours, nous devrions plutôt nous mobiliser pour agir et repousser les abîmes d’une nuit sans fin. En effet, la crise est là ! Et nous en sommes tous responsables. Les sourds qui n’ont rien voulu entendre, les aveugles qui ont préféré détourner leur regard et les muets qui se sont tus.
Nous sommes une société de malentendants et d’handicapés de la vie choisissant de survivre avec leur handicap plutôt que de lutter et d’agir pour retrouver la vitalité de leur existence.
Avant d’être une crise économique et financière, la crise actuelle est celle de la moralité, de l’éthique, de l’argent facile, de la lâcheté. Nous avons tous troqué l’être contre un peu plus d’avoir, nous avons échangé la qualité des liens familiaux, sociaux et professionnels contre un peu plus de matière et un peu moins de relation. Nous avons oublié nos enfants et les batailles de nos aînés pour nous construire une vie meilleure comme un château en Espagne. Le mot durable est dans toutes les bouches, alors que notre société repose sur une production et une consommation de l’éphémère. Notre peur de la pauvreté, de l’abandon et du changement nous enferme dans une résignation qui nous pousse à nous poser en victime et à montrer du doigt ceux qui nous ont nourri mais que nous avons nous-mêmes alimentés.
Il est temps de faire de cette crise une opportunité de changement, de rupture et non de continuité. Nous sommes tous acteurs de ce monde que nous adorons ou abhorrons. Nous en sommes les consommateurs, les bâtisseurs et les détracteurs. Il ne faut pas croire que le seul acte responsable que nous ayons à faire est celui de voter pour la personne qui aura la charge de construire la société que nous désirons. Nous avons la fâcheuse habitude de déléguer aux autres la responsabilité de notre vie et de nous insurger quand cela ne nous convient pas. Nous avons échangé notre liberté contre une poignée de deniers et nous refusons de revoir les principes de ce troc. Nous oublions que le monde bouge et que nos enfants sont les légataires universels de notre égoïsme et de notre refus d’écrire une autre histoire que celle que nous avons programmée par avance. Pourtant le traçage du monde de demain est en train d’être revu et corrigé non pas par les scénaristes d’Hollywood mais par ceux qui décident d’y participer et de dire NON à un monde construit sur l’avidité, l’argent facile, l’individualisme et le paraître. L’Histoire nous a montré que les sociétés arrivant à maturité de leur apogée disparaissaient, laissant place à d’autres formes de société et de leaders. Nous ne sommes pas obligés de disparaître mais nous avons l’impérieuse nécessité de créer un nouvel ordre mondial dans lequel chacun doit prendre conscience qu’il est acteur de ses décisions, auteur de ses choix et constructeur du monde de demain. Pour cela il ne faut pas avoir peur de se mouiller mais agir en personne responsable qui apprend à ne plus être victime et à discerner ce qui devient essentiel pour construire un monde plus juste, plus relationnel et plus durable pour les générations à venir.
Les anciens plantaient des arbres dans leur champ pour leurs petits enfants en prévoyant que ceux-ci en auraient besoin pour construire leur maison. Nous devons nous aussi penser à nos enfants et à leurs futurs enfants en participant activement à la conception d’un monde plus humain et moins mécanique, plus enraciné et moins virtuel. La solidarité collective passe par la responsabilité individuelle alors agissons pour tous et n’attendons pas la nuit sans fin pour trouver la lumière qui éclairera notre conscience. Mettons nous en mouvement pour agir et cessons de subir.
Francis Karolewicz
Directeur fmk consulting
http://www.fmk-consulting.com/accueil/index.php
20:03 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : économie, politique, éthique
14.01.2009
Anecdotique ?
Ce matin, sur Europe, j'entends que la plupart des banques italiennes sont passées à côté du tsunami américain. L'explication qu'on en donne ? On y parle tellement mal l'anglais qu'elles se sont tenues à l'écart des choses un peu compliquées!
Une fois qu'on a bien ri, on peut réfléchir aux vecteurs de propagation et aux potentiels de ruine qu'il y a derrière le développement d'espèces exclusives, qu'elles soient végétales, animales ou culturelles...
10:17 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, domination culturelle
11.01.2009
Jusques à quand...
... les victimes de la Shoa vont-elles empêcher les bonnes consciences de reconnaître l'Etat d'Israël pour ce qu'il est ?
08:58 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gaza, israël
10.01.2009
Moutarde
Fermeture annoncée des usines Amora – Maille à Dijon avec 280 suppressions d’emplois. Dans un souci d’économie le musée de la moutarde avait déjà été fermé il y a deux ans. Alors, en faillite notre moutarde, concurrencée par le ketchup ? Pas tout-à-fait: la marque a rapporté un bénéfice de 22 millions d’Euros en 2007. A qui ? Au groupe Unilever.
Je vais vous consoler. La fermeture de l’usine française de moutarde relève d’un acte de saine gestion qui permettra à ce produit emblématique de rester concurrentiel et peut-être même d’être plus accessible à de nouveaux consommateurs partout dans le monde. De ce fait, les emplois condamnés ici seront sans doute recréés ailleurs. Tout cela participe d’une marche au progrès qui, lorsqu’elle aura atteint son terme, assurera l’abondance de moutarde pour tous. Bien sûr, pour atteindre cet eldorado, la route est parfois cruelle. On est obligé de laisser quelques morts sur le chemin. Mais, comme à la guerre, considérons-les comme des héros.
Mon discours vous débecte ? J’en suis fort aise. Je trouve que cela fait bien trop longtemps que l’on accorde foi aux fariboles de cette religion. Qu’il y ait des loups, la vie est ainsi faite. Mais quand les agneaux sont assez sots pour se laisser prendre encore au beau langage de leurs prédateurs, ils ne méritent rien d'autre que finir dans leur ventre. Avec ce que nous avons connu en 2008, convenons que le temps de la stupidité et de la crédulité est fini!
Ceux à qui la moutarde monterait au nez peuvent se rendre sur Facebook : il y a un groupe de soutien qui a déjà réuni près de 15000 personnes. http://www.facebook.com/group.php?gid=41122025685&ref=nf
08:56 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : économie, mondialisation, délocalisations
03.01.2009
Dégâts collatéraux
Notre époque s’est tellement enfermée dans la dimension des flux matériels et mesurables – dans le paradigme du marché - qu’elle est aveugle au registre non quantifiable de certains actes et, de ce fait, ne peut concevoir que des solutions boiteuses, au mieux inefficaces, au pire aggravantes. Ainsi des actes de « malhonnêteté quotidienne » qui ont fait l’objet en 2006 d’une étude intéressante par deux chercheurs américains, Nina Mazar et Dan Ariely.
La malhonnêteté des consommateurs et son traitement habituel est un exemple particulièrement intéressant. La théorie classique de l’homo economicus dit que l’être humain est rationnel, conduit par son égoïsme et par le désir de maximiser son profit. La malhonnêteté intervient dès lors qu’il y a avantage pour l’individu à la commettre, le gain étant intéressant, le risque d’être pris nul ou proche de zéro et le prix à payer relativement négligeable. A l’inverse, l’individu se comportera de manière honnête si les avantages sont supérieurs pour lui à ceux de la malhonnêteté. Le jeu de l’entreprise doit donc faire en sorte que l’avantage à la truander soit réduit, que le risque d’être pris soit élevé et que le prix à payer soit disproportionné à l’espérance du gain. Mais le résultat ne répond nullement à la théorie. A l’instar de la guerre entre les bactéries et les antibiotiques, plus malins deviennent les gens d'armes, plus sévères les juges, plus agiles et insolents les larrons. Et aussi plus racoleuses les promesses, plus cyniques les réponses ! Cf le marché de la musique.
Nos chercheurs ont compilé un certain nombre d’études qui montrent qu’en fait la râpine n’obéit pas si je puis dire qu’à un rapport « qualité / prix ». Ils citent une expérience où on propose à deux personnes qui ne se connaissent pas de se partager une somme d’argent. La règle du jeu c’est que la personne désignée par tirage au sort décide unilatéralement de la proportion du partage. La somme ne sera cependant versée que si l’autre accepte l’offre sans barguigner. Alors, mettons qu’il s’agisse de 1000 € et imaginez que le tirage au sort vous a désigné. Qu’allez-vous me proposer ? Quel raisonnement va être le vôtre ? Si vous suivez la théorie classique, vous vous dites que le plus petit bout de cette somme sera toujours mieux que rien pour moi et qu’ainsi je suis prêt à vous laisser le part du lion.
Eh ! bien l’expérience maintes fois répétée montre que ce n’est pas ainsi que cela marche et que l’agent économique parfait sur un marché parfait est souvent introuvable. Nombreuses sont les personnes, en face d’une offre disproportionnée, à faire le choix de repartir les mains vides. Il y a un sentiment d’honneur et de justice qui prévaut sur l’avantage matériel. Il y a l’image qu’on se fait de l’autre et de ce qu’il mérite – résultant en l’occurrence de son offre - et celle que l’on veut garder de soi – qui dépend de la réponse qu’on va donner.
Vous voyez les implications de cette expérience ? Par rapport aux actes de malhonnêteté quotidienne, j’en vois une première : il y a une sorte d'éthique de la malhonnêteté. Oh ! très subjective, je vous l’accorde : elle dépend de l’image que vous vous faites – fondée ou non – de celui que vous allez truander. Ne voyez pas dans mon propos la moindre apologie du vol, mais permettez-moi d'attirer votre attention sur le lien qui en découle : les dégâts que laissent derrière eux les voyous de haut vol qui viennent de défrayer la chronique ne sont pas principalement financiers. Ils sont moraux. Si je fais partie de ceux qui pataugent dans la misère banlieusarde, ici, à Londres ou aux Etats-Unis, ces gars-là, qui n’ont pas manqué de manger de la langouste à Noël, ils incarnent pour moi l’injustice de la société des « mieux nantis que moi » qui m’entoure et me rejette. Vous voyez les conséquences ?
Alastair McIntosh nous expliquait un soir, en plein concours d’incendies de voiture, que ce n’est pas la misère qui engendre la violence mais le sentiment d’injustice et l’humiliation. Si les gens que nous portons au pinacle ne sont pas exemplaires, si l’on donne à des entreprises qui ont commis des erreurs spéculatives le soutien qu’on a refusé aux plus pauvres, si les institutions qui incarnent la société et ceux qui les administrent ne sont pas rigoureusement honorables, les actes de malhonnêteté se multiplieront quoi que l’on fasse et, surtout, les explosions iront croissant et pas un rempart, même pas ceux des gated communities pour ceux qui ont les moyens de s'y enfermer, ne nous protègera. Plus la malhonnêteté et la violence viennent de haut, plus grande est leur contagion.
08:30 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : escrocs, finances, violence, banlieues

