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26/07/2009

Le piano, la myxomatose et l'écologie de l'action*

 

Cette note figure désormais dans le recueil

Les ombres de la caverne

Editions Hermann, juillet 2011

Commentaires

'Pour le meilleur ou pour le pire, l’inattendu est toujours au rendez-vous'

J'ai apprécié ce texte. Pour rebondir, je vous propose des leçons de l'inattendu. (un texte que j'ai aussi apprécié)

http://www.internetactu.net/2009/07/16/a-propos-de-la-serendipite/#reagissez

« DE LA SERENDIPITE DANS LA SCIENCE, LA TECHNIQUE, L'ART ET LE DROIT, Leçons de l’inattendu »

par Van ANDEL Pek et BOURCIER Daniéle

Extraits de http://www.mcxapc.org/ouvrages.php?a=display&ID=141

"La serendipidité est peut –être un autre mot pour désigner ‘l’Ingenium ; cette étrange faculté de l’esprit humain qui est de relier, toujours relier, selon G Vico, (1708), ou pour désigner ‘l’investigation heuristique’, selon G Polya (1945), A Newell et H A Simon ; 1976. Elle est peut-être une faculté que peut exercer l’esprit humain qu’un don réservé à quelques élus. Mais quelque soit le nom par lequel on la désigne, les récits des trouvailles d’apparence insolites qu’elle permet est souvent fort stimulant. C’est à ce travail de conteurs que ce sont exercés les auteurs de ce livre, collectant nombres d’anecdotes souvent drôles. Si ‘à l’inattendu un dieu parfois ouvre la voie’ (Euripide), ne pouvons nous délibérément ‘ouvrir la voie à l’inattendu’ pour travailler à bien penser ?" (note JLM)

Écrit par : Michèle Drechsler | 29/07/2009

Michèle, vous ne pouvez pas savoir combien vous me faites plaisir en écrivant ce mot de sérendipité! Il y a quelques années j'avais même créé un mini-club autour de ce concept! La recherche de la performance, qui est la névrose obsessionnelle de notre époque, est une des ennemies de la sérendipité parce qu'elle ne laisse aucun jeu dans les structures, les emplois du temps et les esprits, elle veut tout prévoir et anticiper afin que chaque seconde soit "bien" employée dans une perspective prédéfinie. Or, la plupart des grandes découvertes ont relevé de la serendipité! Mille mercis pour pour ce commentaire!

Écrit par : Thierry | 29/07/2009

Thierry

Ce sujet sur la sérendipité m'intéresse beaucoup.

Le don de faire des trouvailles, de trouver ce qu’on ne cherche pas, dans la science, la technique, l’art, la politique, le droit, à l'école ... doit s'inscrire dans des environnements propices qui favorisent "la préparation de l'esprit" ( Je crois que c'est Pasteur qui utilisait ce terme), la flexibilité des cerveaux.

Ce qui me plaît dans la sérendipité, c'est le dégagement de l'esprit (qui a été préparé) à un moment donné. L'étincelle de découverte ne vient pas toute seule, je pense. Elle est le résultat d'un état d'être, d'une posture. Il faut des interstices temporels d'intériorisation du sujet pour qu'elle apparaisse.

La force de la sérendipité est liée à ce processus d'apprentissage qui dépasse l'induction et la déduction, et qui est l'abduction.

Pour le philosophe américain Charles Peirce, cité dans l’article d’Automates Intelligents : “l’abduction est le processus de l’imagination d’une hypothèse explicative. C’est la seule opération logique qui introduit une idée neuve quelconque ; parce que l’induction détermine une valeur, et la déduction dérive seulement les conséquences inévitables d’une hypothèse pure. La déduction prouve que quelque chose doit être. L’induction montre que quelque chose marche de facto. L’abduction suggère seulement que cela serait possible”. “L’abduction est par excellence le mode de raisonnement du diagnostic médical ou de l’enquête judiciaire”".

La sérendipité a toute sa place à l'école, dans la vie.
Elle nous incite à réfléchir sur une nouvelle écologie de l'action et une nouvelle vision du travail.

Écrit par : Michèle Drechsler | 01/08/2009

Abduction... Je ne connaissais le mot que sous la forme "abducted", terme consacré dans un certain registre pour désigner les personnes enlevées par des extraterrestres. Or, il s'agit bien, d'une certaine manière, de se laisser enlever, l'induction et la déduction étant des couloirs. Il y a à la fois la nécessité d'un contexte qui laisse de l'espace et du temps et celle d'un état intérieur - naturel à certains et moins à d'autres. Pour moi, la survenance de la sérendipité est associée à quelque chose qui est de l'ordre de la flânerie, de l'otium, et du regard flottant. Tout le contraire de l'agenda bien bourré, du travail fliqué, des rythmes et des procédures imposés. Tout le contraire aussi de l'esprit tendu vers un résultat. On peut modéliser et amorcer le processus, mais on n'aura jamais la garantie d'un résultat: tout le contraire de la pensée productiviste moderne! Merci, Michèle, pour cet échange!

Écrit par : Thierry | 02/08/2009

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