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04/09/2008

Le pouvoir d’achat

 

 

Cette note figure désormais dans le recueil

Les ombres de la caverne

Editions Hermann, juillet 2011

17/03/2008

Rapprochements incorrects

Info n° 1
Un message de notre amie Cécile Thimoreau, de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort. En substance, 80% des exécutions capitales sont aujourd’hui le fait de la Chine : entre 7500 et 8000 personnes y auraient été exécutées en 2006. Ce record s'accompagne en outre d'un recours banal à la torture pour arracher des aveux et de procès expéditifs qui entraînent des erreurs judiciaires nombreuses…

Info n° 2
Sur le site de l'association suisse Actionnariat pour une économie durable :
Selon les médias, les autorités chinoises ont admis en 2006 déjà que 95% des organes transplantés dans le pays ont été prélevés sur des personnes exécutées. Dans ces circonstances, les conditions pour un consentement libre et éclairé du donneur ne peuvent de toute évidence pas être réunies. En outre, certains indices corroborent le soupçon selon lequel les arrestations et les condamnations à mort sont en phase avec la demande d'organes. On est loin des procès équitables et conformes aux droits humains.

Info n° 3
L’entreprise européenne Roche commercialise en Chine le Cellcept, un immunosuppresseur destiné à réduire les risques de rejet après une transplantation. Soulignant la relation entre le développement du marché chinois des immunosuppresseurs et les transplantations d'organes forcées, ACTARES a demandé à Roche « de s'engager pour le respect des standards internationaux, de collaborer avec les organisations de défense des droits humains et, en concertation avec les autres entreprises pharmaceutiques, de soumettre la livraison d'immunosuppresseurs à des conditions d'utilisation strictes ». http://www.actares.ch/F/framesetF.htm

Invitation
Cécile Thimoreau nous invite à signer la pétition de la Coalition mondiale contre la peine de mort pour la levée du secret d'’Etat sur la peine de mort et un moratoire sur les exécutions:

http://www.worldcoalition.org/modules/xpetitions/index.php?id=2

11/03/2008

Le bazar de l'épouvante

Ce roman de Stephen King - adapté à l’écran* par Fraser C. Heston - touche à la fable. Un homme, un inconnu, ouvre boutique dans une petite ville américaine, aussi ordinaire et tranquille que n’importe quelle autre petite ville américaine. Cet homme a un don : celui de vous proposer l’objet dont vous aurez une si grande envie, une fois que vous l’aurez tenu entre vos mains, que vous pourriez vous autoriser, pour en devenir propriétaire, à commettre... disons: quelque légère transgression. Or, justement, une fois que vous êtes bien mûr, il vous manque toujours trois francs six sous pour réaliser votre désir. M. Gaunt vous propose alors, avec un petit clin d’œil complice, de solder le prix en vous livrant à quelque farce. Par exemple, pour conserver l’autographe d’un grand champion de base-ball, un enfant d’onze ans s’engagera à maculer d’immondices des draps que leur propriétaire à mis à sècher en plein air. Une femme un peu simplette, afin d’acquérir une figurine de porcelaine, devra coller des procès-verbaux assortis d’insultes dans la maison d’un de ses concitoyens. Et vous de rire, évidemment, en lisant ou en voyant la tête et les réactions des victimes lorsqu’elles découvrent le forfait.

Comme une bande d’étourneaux, une pluie de petits malheurs s’abat ainsi sur la petite ville de Castle Rock. Seulement, autant M. Gaunt sait trouver le point sensible de vos désirs, autant les mauvaises farces qu’il suggère touchent chez leurs victimes une blessure intime - peur, conviction d’être méprisé, détesté ou persécuté, fractures psychiques diverses laissées par un traumatisme enfoui – qui va se transformer en détonateur. Tandis que la souffrance, stimulée, se transmute en violence, chacune des victimes a la certitude – aussi immédiate qu’erronée – du coupable à punir. Confrontés à cette agression pour eux gratuite, les innocents prennent à leur tour le mors aux dents. Des carreaux cassés on passe alors aux coups de couteaux, des coups de couteaux aux coups de feu, et même les deux prêtres de la bourgade – tous deux chrétiens mais de différentes obédiences et qui de ce fait se détestent cordialement – finiront par en venir aux mains.

Au fond, cette histoire est-elle si différente de la réalité que nous connaissons ? Qu’utilisent ceux qui veulent nous faire oublier notre liberté ? Leur stratégie tient en trois mots. D’abord, on vient de le voir : tentation et division. Or, en hébreu, le tentateur, c'est Satan ; et, en grec, celui qui divise, c'est le diable - diabolos. Maintenant, regardez bien M. Gaunt : quelle apparence nous offre-t-il ? Celle d’un homme aux bonnes manières, bien habillé, toujours correct. Et presque compatissant. On le croirait issu de quelque rencontre des grands de ce monde autour de la faim des pauvres. La plus grande ruse du diable – troisième élément de sa stratégie – ne serait-elle pas de nous laisser croire qu’il n’existe pas ?

* 1993. Avec Max von Sydow dans le rôle principal.