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29/06/2009

Appel à la Métamorphose du Monde

Un très beau texte signé d'Edgar Morin, Pierre Gonod et Paskua sur le site de l'Institut Polanyi:

http://www.institutpolanyi.fr/index.php?option=com_conten...

02/02/2009

Naissance de "Transitions"

Transitions_vignette.jpgMon ami Manfred Mack et moi venons de nous lancer dans une folle aventure: la création et la diffusion d'une nouvelle publication. Le premier numéro vient d'en être livré par l'imprimeur. Le nouveau-né s'appelle Transitions et, comme tous les parents, nous en sommes très fiers!

Transitions exprime, en premier lieu, une conviction : celle que notre monde est à une période cruciale de sa vie. Nous sommes sur cette frange de l’histoire où le désordre commence à sourdre de l’ordre que l’on croyait bien établi. Le réflexe peut être celui du déni et de la crispation. Nous pensons au contraire que ce désordre naissant rouvre des espaces qui peuvent libérer le cours de notre histoire. Nous y voyons – et nous aimerions y voir avec vous - une opportunité pour devenir – tous - des co-créateurs d’un monde meilleur et plus beau.

Transitions veut aussi démontrer par l'exemple cette autre de nos convictions - bien ancrée grâce aux travaux de Basarab Nicolescu - que, pour comprendre ce qui est en train de se produire, il nous faut sortir du cloisonnement des disciplines. Comprendre – com-prendre - c’est «prendre avec». C’est prendre plusieurs choses à la fois afin d’en élucider les relations. C’est prendre à plusieurs, parce que de différents esprits seulement peut émerger une représentation point trop appauvrie de ce qui nous interpelle. La physique quantique ne nous enseigne-t-elle pas que la matière peut se présenter comme onde ou comme particule selon l’outil que nous utilisons pour l’observer ?

Ceci nous amène à un point, pour nous, essentiel : penser ne nous place pas hors du monde. Tout au contraire, penser est s’engager. Dans son effort de maîtrise, le monde qui s’achève nous a en partie coupés de notre puissance de rupture et de création. Transitions se veut un lieu d’inspiration, une invitation à réintégrer l'audace dans nos façons de penser et d’agir. C’est pourquoi Transitions sera aussi très rapidement, pour ceux qui le souhaiteront, une occasion de se rencontrer.

Car Transitions résulte, pour ce qui nous concerne, d'un désir: celui de partager. L’aventure de la vie, un goût prononcé pour l’exploration et les rencontres improbables favorisé par les lieux d’observation et les réseaux que nos activités professionnelles nous procurent, tout cela a fait de nous des guetteurs éclectiques de ce qui émerge dans les interstices de ce qu’on appelle « la réalité ». Le produit de cette veille et nos envies d'expérimentations est ce nous avons envie de partager.

Ce premier numéro a pour thème "La conversation". Nous avons essayé d'aborder ce sujet depuis les conversations les plus intimes, celles qui naîssent au sein de nous-mêmes de nos conflits et de nos richesses intérieures, et jusqu'au registre collectif, où elles permettent de cristalliser une aventure commune. Nous avons invité à s'exprimer aussi bien la psychanalyse que la psychologie, les sciences cognitives que la biologie culturelle du Matritztic Institute, l'ethnologie que la pédagogie, la spiritualité, le développement.

Cela donne au sommaire - outre la prose des rédacteurs de la revue - des entretiens avec:

- Stanley Krippner, "Le dialogue intérieur",
- Djohar Si Ahmed, "La conversation, domaine de l'être",
- Christine Hardy, "Constellations de sens",
- Humberto Maturana et Ximena Davila, "Les mondes que nous créons naissent en réseaux de conversations",
- Alastair McIntosh, "La parole et la recherche de l'unité",
- Jean-Godefroy Bidima, "La palabre, éthique du lien social",
- Nick Wilding, "Conversations pour un monde nouveau",
- Béatrice Barras, "Conversations de chantier au Viel Audon",
- André Conraets, "Conversations pour apprendre",
- Lonny Gold, "L'attention".

Transitions est disponible auprès des auteurs. Si vous êtes intéressés, merci de m'écrire à: thygr@wanadoo.fr

13/04/2008

Jeux de société

Vue sous un certain angle, l’histoire des hommes est celle des rapports du fort au faible. Le fort domine, choisit qui mangera, qui sera protégé, honoré - et en échange de quoi. Il arrête les critères et définit les règles du jeu. Le faible – c’est-à-dire, eu égard au jeu choisi, le lent, le malhabile, le doux – est rejeté dans les ténèbres extérieures où il s’efforce de survivre.

Nous ne voulons pas pour nos enfants de ce destin crépusculaire. Certains peuvent révéler une aptitude naturelle à jouer le jeu darwinien : ils apprennent facilement et savent se faire valoir. Ils ont l’intelligence immédiate d’une situation et éventuellement l’énergie du conquérant ou l’instinct du vassal. Mais, parfois, nous voilà à tenter de transformer à grand peine quelque rejeton que nous trouvons trop agneau et pas assez loup. Quelque enfant délicat qui porte en lui un rêve différent et dont la fragilité, la naïveté, la vulnérabilité nous inquiètent. Comment faire pour que, dans ce monde, il ne se fasse pas dévorer, et qu’il ait – si modeste soit-elle – une part de bonheur ?

Je veux insister sur quelque chose : ce sont les règles du jeu qui font les forts et les faibles, les adaptés et les inadaptés. Ce sont les règles du jeu qui valorisent tel profil et disqualifient tel autre. Si les lois biologiques sont «darwiniennes» – et je ne sais pas ce que Darwin penserait du sens que nous donnons à cet adjectif – la société que nous construisons peut s’en donner d’autres. N’est-ce pas d’ailleurs sa finalité que de corriger la cruauté de l’état de nature ? Ce faisant, elle se donne la possibilité de voir éclore en son sein des fleurs qui, pour être fragiles, sont précieuses : l’art, l’amour, la compassion. Livrés à la jungle, Mozart ou Aristote ne représentent qu’un certain poids de substances comestibles.

Notre monde est moins menacé par les pénuries que par le gaspillage. Depuis longtemps, grâce à ses outils industriels et technologiques, il a - plus qu’aucun autre ne les a jamais eus dans l’histoire - les moyens de s’offrir la fraternité. Qu’en fait-il ? Il se raconte que l’histoire est «darwinienne» et que le réalisme est à l’opposé du Sermon sur la montagne. Cherchez à qui cette histoire profite.