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27/06/2010

Willy Ronis, une poétique de l'engagement

Sur le blog de mon ami Gérard: http://voilacestdit.blog4ever.com/blog/lire-article-16697...

13/05/2010

Un peu de pub!

 

Transitions3couv.JPGUn peu de pub pour Transitions 3.

Placé sous le thème "Réaliser les potentialités", il est vraiment très riche. Il bénéficie des contributions - toutes aussi remarquables les unes que les autres - d'Hervé Juvin, Porus Munshi, Jacques Massacrier, Jill B. Taylor, Sylvain Nuccio, Paolo Lugari, Robert Du Bois, Armand Braun, Dina Scherrer, Michèle Drechsler, Anne Vermès, Jean-François Zobrist, Christian Mayeur et Manfred Mack. Il a été réalisé grâce à la collaboration d'Isabelle Raugel et de Laurent Marbacher pour les interviewes, et de Steve Moreau pour les illustrations.

Les titres:

- Rendez-vous à la frontière, Le message de la crise, La puissance des défis, La réalité libératrice de l'art, Fertiliser l'imaginaire, La médecine chinoise, Le pari des potentialités, Une histoire d'avenir pour collégiens en difficulté, L'art de cueillir la fleur du hasard, L'entreprise qui croit que l'homme est bon, Révéler les potentialités du monde contemporain, Ce qui pourrait être.

Voici quatre courtes vidéos réalisées par Les Films du Voilier, où vous retrouverez quatre des contributeurs:

Présentation générale du numéro 3 de Transitions: http://www.youtube.com/watch?v=g_dF5ngnwjo

Isabelle Raugel: http://www.youtube.com/watch?v=5dm5dHPeGyE

Dina Scherrer: http://www.youtube.com/watch?v=q8WnxKGkYHU

Christian Mayeur: http://www.youtube.com/watch?v=8-fNG_qq6s4

 

Transitions est adressé sur commande. Pour en savoir plus, merci de m'écrire: thygr@wanadoo.fr avec dans l'objet du message: Transitions.

10/01/2010

Variations niortaises

Ayant hier une heure et demie à battre la semelle à la gare de Niort en attendant le train pour Paris, j'ai butiné dans les rayons du Relais local où j'ai finalement jeté mon dévolu sur le dernier numéro de Classica qu'accompagnait un coffret de trois cd de Jean-Sébastien Bach (les Variations Goldberg, la Passion selon saint Matthieu et trois des Concertos brandebourgeois).

D'abord, je voudrais dire qu'il y a quelque chose de réconfortant à voir que l'humanité a d'autres préoccupations que la création de flux financiers spéculatifs. Même si l'art n'est pas étranger au domaine marchand, l'expérience de l'art comme celle de l'amour nous révèle un autre ordre de la vie. Certes, le Cantor semble avoir été près de ses sous et les artistes, les organisateurs de concerts et d'expositions ne sont pas de purs esprits et ils n'ont pas envie de boire le bouillon. La célébration de l'art peut même être le prétexte au déchaînement de quelques sombres passions, de conflits d'égos redoutables. Mais enfin, donner et goûter une sublime interprétation de l'Aria, c'est autre chose que produire et consommer de la junk food, des vaccins inutiles et douteux, des émissions débiles ou des discours politiques de Polichinelle. Vous me direz qu'on ne saurait vivre seulement de musique, de peinture ou de danse, et vous aurez raison. Cela dit, la contemplation artistique est peut-être le plus écologique de nos loisirs et celui aussi qui nous invite le mieux à nous mettre en relation avec nous-mêmes.

Il y a plus. Notre société a vécu et vit peut-être encore sur cette idée - ce paradigme - que l'Histoire, malgré les détours, les essais et les erreurs qu'on lui connaît, est sur la trajectoire du mieux en mieux. C'est ce qu'on a appelé le progrès - un mot et une croyance qui se font rares dans les discours actuels, vous l'aurez noté. Or, le progrès est une notion étrangère à l'art. Mozart est-il au dessus de Bach ? La peinture de Monet marque-t-elle une avancée par rapport à celle de Lascaux ? L'éditorialiste de Classica rappelle ce qu'écrivait Kundera dans Les Testaments trahis : que l'Histoire ne va pas toujours vers « le plus riche, le plus complexe, le plus subtil, le plus cultivé ». « Le nouveau (l'unique, l'inimitable, le jamais-dit) ne prend pas forcément le même chemin que l'idéologie du progrès ».

Il est vrai que ce que nous avons fait de notre vie au cours de ces dernières années ressemble singulièrement à un tableau d'Andy Warhol. L'industrialisation du monde a refoulé et réduit la diversité sous toutes ses formes. Dans nos campagnes, on ne la trouve plus guère que dans les herbes folles réfugiées ici et là au bord des fossés, dans les pierres, là où nos engins abandonnent le terrain. Il faut lire Gilles Clément : les écosystèmes comptent de moins en moins de vivants, les interactions y sont de plus en plus pauvres, la complexité de moins en moins élevée. Et il en est de même pour les langues, les cultures, les façons de s'habiller, de se nourrir, de s'amuser. A l'inverse, les normes ont proliféré qui réduisent les potentialités à la vision des « normeurs ». Or, regardez bien à qui elles profitent, ces normes, regardez ce qu'in fine elles engendrent: le gigantisme et l'uniformité.

Pas étonnant que l'âme contemporaine soit malade d'asphyxie. L'art nous fait prendre conscience qu'il y a une autre forme de richesse que l'accumulation sidérale de choses semblables. Cette autre forme de richesse c'est la production de diversité. Peut-être s'agit-il alors moins de nier la notion de progrès que de lui dessiner un autre axe...