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29.12.2007
L'étoile de mer et l'araignée
Dans The starfish and the spider, Ori Brafman et Rod A. Beckstrom racontent l’anecdote suivante. En 1995, Dave Garrison, directeur général de Netcom, un des premiers fournisseurs de services sur Internet, rencontre à Paris, dans un hôtel feutré d’au moins cinq étoiles, une trentaine de banquiers et d’investisseurs potentiels. Il explique le fonctionnement de l’Internet, la révolution qui est déjà en marche… Un des participants l’interrompt. Tout cela est bien beau, mais « qui est le président de l’Internet ? » Dave Garrison se dit qu’il n’a pas été clair et reprend sa présentation, explique qu’il s’agit d’un protocole librement choisi, que c’est un réseau de réseaux, qu’il n’y a pas de chef... Nouvelle interruption, d’un autre participant, sur un ton cette fois quelque peu agacé : « Je crois que vous n’avez pas compris notre question - ou que la traduction ne l’a pas retenue. Qui est le président d’Internet ? »
1995, c’est à la fois très proche et, à l’aune d’Internet, très lointain. Rarement, une telle révolution des esprits aura été aussi rapide. Tout ce qui nous paraît aujourd’hui habituel, banal même, s’est imposé, souvenons-nous en, au milieu du scepticisme et des dénégations les plus assurées. Le jour où, grâce à Meyer Ifrah, j’ai eu ma première adresse électronique, on m’a regardé comme une bête curieuse. Au mieux, c’était un gadget innocent. Au pire, c'était dangereux! Rappelez-vous aussi de l’entrée du commerce électronique dans notre vie quotidienne : ça ne marchera jamais ! Or, en une douzaine d’années, non seulement on a vu se multiplier les sociétés, les applications et les services, mais on a surtout assisté au renversement des croyances les plus établies et, parfois, les plus arrogantes.
L’arrogance : la voilà bien la grande coupable ! Douter est normal et même souhaitable. Ce n’est que prudence. Le doute, le vrai, celui de Descartes, n’est pas un rejet, c’est l’opération de base d’une intelligence qui se construit. Mais l’arrogance est négation pure. Elle ferme la porte. Et l'Histoire, toujours, se venge.
Mais le propos du livre The starfish and the spider, est ailleurs. Pour ses auteurs, la révolution en cours est l’émergence - selon eux irrésistible - d’organisations non centralisées. Vous y croyez-vous, chef ?
08:33 Publié dans Prospective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, management, prospective, organisations
26.12.2007
Ingrid
Le visage d’Ingrid Betancourt est devenu celui de tous ceux qu’accablent l’injustice et la cruauté des hommes.
Aussi, combien est-il émouvant de partager, fût-ce par le symbole d’une bougie sur la fenêtre, cette affection qu’a suscitée partout la prisonnière des FARC ! C’est comme une communion qui, enfin, nous transcende. Parallèlement, qui d’entre nous, en pensant à ses ravisseurs et geoliers, à ce qu’ils lui font endurer, ne se sent-il pas saisi de colère et de détestation ? Ah ! si c’était comme dans un jeu vidéo où l’on pulvérise l’un après l’autre les « méchants » pour libérer les ôtages !
Eh ! bien, tant que nous réagirons ainsi, il n’y aura aucun espoir de paix réaliste.
Sans doute à cause des « neurones miroirs » que les neurobiologistes ont récemment découverts, l’homme est un animal à la fois empathique et mimétique. Souriez-moi et je vous sourirai. Aimez-moi et je vous aimerai. Mais détestez-moi et je vous détesterai. Effrayez-moi, je m’efforcerai que vous soyez transis de peur à votre tour. Humiliez-moi, j’aurai envie de vous rabaisser. Menacez-moi, je n’aurai de cesse de vous écraser. A bien regarder, aucune trace de liberté ou d’intelligence dans tout cela : rien que le réflexe de la grenouille de nos cours de sciences nat’ soumise au courant électrique. La violence n'est qu'une pente.
C’est pourquoi sans doute la parole du Christ la plus difficile à «digérer» - au point qu’elle nous scandalise - est : « Si on te frappe, tend l’autre joue ». Pourtant, s’il y a un moyen de rompre la réaction en chaîne de la violence, c'est bien en prenant le dessus sur le réflexe, en cessant à un moment ou l’autre de cette chaîne de transmettre, avec la souffrance que l'autre nous a infligée, la pulsion de mort. Un seul homme a réellement tenté d’en tirer une posture politique et une règle d’action à grande échelle: le Mahatma Ghandi, dont le 30 janvier on commémorera le soixantième anniversaire de l’assassinat. Une occasion de méditer…
La Colombie est un beau pays, peuplé de gens chaleureux, fraternels et créatifs. Mais c’est un pays livré à un conflit complexe où des dizaines de milliers de personnes – l’armée régulière, les farc, les paramilitaires, pour ne citer qu’eux – n’ont d’autre choix pour exister que s’attaquer et s’entretuer. Pourtant, aucune des forces en jeu – et elles le savent - ne triomphera jamais. - Pourquoi ? Parce que chaque fois qu’une faction tue quelqu’un «d’en face», elle blesse une famille, une communauté, et suscite un nouveau combattant. Parce que chaque jour qui passe, avec ses morts qui s’ajoutent aux morts, fait grandir les foyers de haine. Parce que des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont définitivement hors-la-loi et condamnés en quelque sorte à y rester. Qu’ont, en effet, pour alternative ces desperados ? Poursuivre la lutte, avec les «ressources» qui lui sont propres, est encore pour eux le scénario le moins perdant. Dès lors, comment s’étonner que le drame perdure ?
Accéder à une paix durable en empruntant le sentier de la guerre suppose rien de moins que la volonté - et la capacité - d’exterminer l’autre. Si l’on écarte ce scénario extrême, une difficulté de taille surgit. Les exigences de justice que chaque camp peut faire valoir rendent la paix impossible. Il s’agit alors de savoir si la justice – qui peut être un autre visage de la vengeance… - a plus de prix pour nous que l’avenir de nos enfants. De savoir si la punition de l’autre nous intéresse davantage que le bonheur des générations qui naîtront dans le monde que nous aurons choisi de leur laisser. Voulons-nous leur léguer le poison dont nous vivons ? Souvenons-nous que les clauses d'indemnisation mises à la charge de l'Allemagne par le Traité de Versailles ont fait le lit du nazisme.
L’Histoire montre cependant quelques exemples de sagesse. Qu’en serait-il aujourd’hui de l’Europe si, enterrant les trois guerres qui avaient opposé nos pays et fait des millions de morts, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer n’avaient pas décidé de la réconciliation franco-allemande ? Combien d’entre nous, dans ces années-là, avaient-ils cependant des raisons encore brûlantes – années volées, vies détruites, compagnons torturés, parents ou amis tués - de haïr le « boche » ? Il fallut accepter de ne pas laisser notre souffrance nourrir notre haine. C’était bien autre chose que le réflexe du nerf sciatique de la grenouille. C’était un exercice supérieur de notre liberté.
Ingrid Bétancourt a écrit : « J’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil ». La « soif de grandeur » qui tire du néant vers la lumière ne saurait être la soif de sang, fût-il de celui que nous jugeons coupable.
16:55 Publié dans Aveuglement | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : société, politique, violence, paix, pensée systémique
22.12.2007
Economie de Noël
Interview de Maurice Obadia *
Maurice, tu es économiste de formation et tu fais une distinction toute personnelle entre économie matérielle et économie immatérielle. Peux-tu nous en dire davantage ?
Sur la conception même de l’économie, telle qu’elle se pratique par des milliards d’êtres humains et telle qu’elle est pensée - par un nombre bien moindre ! - j’ai toujours été gêné, voire choqué, par la vision classique. Principalement par deux choses. D’un côté, parler d’économie « matérielle » était et reste un pléonasme pour la version classique. « Qu’est-ce que l’économie, sinon ce qui a trait à la finance, à l’argent, au matériel qui se pèse et se compte ? » Et d’un autre côté, parfaitement logique avec le premier, si l’économie immatérielle existe, ce ne peut être que par la texture des biens en jeu. C’est parce que les «services» ne sont pas palpables au sens premier du terme, qu’on ne peut physiquement les toucher du doigt, qu’ils sont constitutifs de l’économie immatérielle. On mesure la conséquence : l’ensemble de ces services ne vaut que par le matériel et l’argent qui les soutiennent ou en sont le but. Entendez : « Si le matériel n’est pas au rendez-vous, pas d’immatériel ! ». Et de fait toute une partie des « choses qui ne se touchent pas du doigt » meurent quand l’argent n’est pas ou plus là. On le voit dans l’éclatement des bulles boursières, dans l’extinction des modes passagères ou d’habitudes de services dépassés...
Et, selon toi, cela ne rend compte que d'une dimension de la réalité ?
Dans le même tableau, dans les tourmentes boursières, dans l’extinction des modes ou le dépassement des habitudes, on rencontre aussi des entreprises et des équipes qui résistent étonnamment. Elles continuent de vivre, d’espérer, d’exister malgré le tarissement de l’argent. Les membres des équipes ne s’entretuent pas malgré l’absence de résultats argentés ! Comment cela est-il possible ? La réponse est claire : c’est parce que la relation entre l’entreprise et son milieu global, la relation entre les membres des équipes, celle entre les équipes, est plus forte que la fuite de l’argent. Et comme il y a peu de chances qu’une telle relation soit tombée du ciel, il a fallu la créer, la produire, la renouveler, l’échanger quotidiennement, en faire un véritable investissement... Bref, travailler à tous les ingrédients d’une économie véritable pour ce « produit » noble qu’est la relation. L’économie immatérielle véritable, c’est donc l’économie de la relation, ou ce n’est rien du tout!
Qu'est-ce que Noël, dans nos pays, t'inspire comme réflexions quant à la place de ces deux économies ?
Noël est un exemple intéressant de concurrence, et parfois de complémentarité, entre les deux économies. Une distinction nette s’impose de plus en plus entre le Noël familial et le Noël «médiatico-commercial». Le premier n’échappe pas à la tension possible entre les deux économies : quel est le statut exact du cadeau matériel ? Se réunit-on pour le lien familial ? Peut-on imaginer que les cadeaux « ne soient pas à la hauteur » ? Que se passe-t-il si on oublie le cadeau ? Les réponses sont évidemment variables selon les familles. Et il est évident que quand les cadeaux sont le but de la rencontre, on se retrouve dans un des ruisseaux de l’économie matérielle (on compte, on pèse, on jauge, on compare...). Dans les « vraies » familles, celles où le travail d’économie relationnelle est constant que l’on soit ou non géographiquement proches, les cadeaux sont une conséquence joyeuse de la relation, jamais évidemment un but. On les oublie d’ailleurs assez vite, au profit des discussions, de l’ambiance et de l’animation de la fête...
L’incompressible attrait de la valeur relationnelle authentique ?
Oui! De son côté, le Noël médiatique et commercial est entièrement construit pour les besoins de l’économie matérielle. Et le plus étonnant, c’est que l’impératif matériel peut parfois être oublié par ses acteurs : je suis très heureusement surpris de voir des vendeurs de grande surface s’attarder parfois à jouer avec des enfants, alors qu’ils pourraient « harponner » dans cette « perte » de temps un nouveau chaland...
Enfin, on ne peut évoquer Noël sans faire référence aux dons auxquels cette période est propice. L’économie relationnelle ne peut que s’en réjouir, mais avec une précaution cependant : le don doit se préoccuper de l’effet produit, des réactions de celui qui le reçoit. C’est la seule façon de savoir si le don est ou non adapté. L’attitude du don « les yeux fermés », celle qui ne se préoccupe d’aucun retour paraît généreuse, mais peut se révéler auto-suffisante. Finalement, l’économie de la relation nous dit que la relation produite oblige à l’échange, mais à l’échange continu et ouvert qui nous éloigne de la seule vision mercantile.
Quel est, selon toi, aujourd'hui, le plus grand enjeu du monde que nous avons construit ?
Pour rester dans la veine des considérations précédentes, il faut aussi insister sur le fait que la réflexion sur l’économie de la relation n’a rien d’angélique. Au fur et à mesure que les humains prennent conscience des limites et des dangers du monde qu’ils ont construit, à quoi assiste-t-on ?
- Une somme de critiques fondées sur les excès de l’économie matérielle
- Mais aussi le développement d’une économie de la relation, à l’intérieur des organisations et entre elles, non pas positive, mais négative.
Ce dernier constat, pour ne pas être discutable, n'est-il pas paradoxal ?
L’économie matérielle nous a habitués progressivement à la loi du coût minimum en toute chose. Des économies de la relation se mettent en place de par le monde, mais ce sont des relations obtenues au coût minimum, c’est à dire des relations où l’on ne veut voir qu’une partie de l’autre, où l’on ne retient qu’un profil simpliste, souvent défavorable, où l’on n’investit jamais patiemment dans le profond travail de connaissance... Bref ! les réflexes de coût minimum hérités de l’économie matérielle et transposés dans l’économie relationnelle produisent de l’économie de la relation négative entre individus, entreprises, régions et peuples. Un premier enjeu capital de notre monde est ainsi, pour moi, de faire en sorte qu’au fur et à mesure des limites de l’économie matérielle, le travail d’économie de la relation positive parvienne, non pas à éliminer, mais à sur-compenser les constructions de relation négative.
L'économie de la relation se limite-t-elle à la sphère humaine ?
Cette relation de connaissance approfondie qui est plus coûteuse en temps, en énergie, en information évolutive sur l’autre, nous devons aussi la construire dans le lien avec notre milieu ambiant. Je reste persuadé que le nouveau lien à construire entre économie et écologie ne peut être pertinent que si l’on entend par « économie », ce système d’activité humaine de production et d’échange constitué des deux sphères, matérielle et relationnelle. En sachant qu’aucune organisation ne peut éviter le contact entre les deux sphères, le second enjeu qui me paraît capital est de travailler à ce que leur conflit initial évolue vers une reconnaissance des facteurs et du terrain que chacune doit occuper pour rester positive.
* Maurice Obadia est docteur en économie, consultant en stratégies et management, et conférencier. Au cours de ses études, il a été frappé par l'importance que les économistes accordent aux choses matérielles alors que la vie
humaine est tissée d'abord de relations entre des êtres. Il a aussi constaté que nous vivons dans une société tout à la fois de surabondance et de cruelles pénuries. Depuis, il s’efforce de théoriser cette économie qui pour lui est première: celle de la production et de l’échange de relations authentiques. De ce cheminement rendent compte ses ouvrages successifs: L'Economie désargentée, Le Prix du rêve, Sortir de la préhistoire économique et Pour une économie de l'humain.
11:30 Publié dans Indisciplinés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : économie, écologie, développement personnel, politique, consommation
20.12.2007
Le « système »
Dans sa chronique sur Internet*, un médecin américain, le Dr Joseph Mercola, dénonce la généralisation abusive du traitement des problèmes psychologiques par des substances chimiques. Il cite quelques exemples dont celui des « addicts du shopping ». L’un des cas évoqués est celui d’un homme qui avait acheté cinquante-cinq appareils photo ! Eh ! bien, plus besoin d’essayer d’être un peu « maître en sa demeure » : le Citalopram, un médicament miracle, supprime l’addiction ! Quelques dommages collatéraux tout de même : par exemple la chute de la libido – coïncidence qui donnerait sûrement à dire à quelques psychanalystes de ma connaissance ! Mais, pour pallier cet inconvénient, d’autres substances sont disponibles. Ce que le marchand d’appareils photo va perdre, le pharmacien et ses fournisseurs le récupèrent déjà !
Cela me rappelle un article sur l’obésité aux Etats-Unis, publié il y a quelques années par Futuribles. L’auteur y traitait ce phénomène comme une pandémie pernicieuse et, évidemment, on peut partager son point de vue. Si, cependant, on y regarde de plus près, tous les obèses américains devraient recevoir une médaille de bon citoyen, et la France, pour relancer la croissance, devrait encourager l'enveloppe adipeuse. Car, si l’économie d’un pays, si le marché de l’emploi, le capital et les revenus des actionnaires se maintiennent ou se développent, c’est en grande partie grâce à ceux qui la cultivent avec assiduité. L'obèse, le démontrait l'auteur de l'article, est le résultat de facteurs combinés. Or, derrière chacun de ces facteurs il y a des secteurs industriels.
D’abord, dès qu’ils se nourrissent, il est clair que les obèses engraissent du même coup et généreusement les fabricants d’aliments industriels. En prenant leur voiture au lieu de marcher, ils font le bonheur des constructeurs automobiles, des marchands de carburant et des assureurs. Simultanément, en restant devant la télévision, ils justifient le prix des temps d’antenne, les salaires des publicitaires et les commissions des media planners. Et, comme on ne peut pas mettre que de la publicité dans les programmes télévisés, ils permettent également à quelques studios et à leur personnel de prospérer.
Mais – et là, cela devient du grand art - que voient-ils à la télévision ? Des hommes et des femmes à rendre jaloux les statues de Praxitèle. Nos obèses se regardent dans la glace, leur mal-être tourne à la honte et, de la honte au dégoût, vire finalement au désespoir. En outre, si on est seul et qu’on rêve de ne plus l’être, comment, dissimulé sous cette masse graisseuse, séduire une âme-soeur qu’on imagine évidemment plus proche des acteurs de feuilleton que du yéti? Nos obèses deviennent alors sensibles à des publicités qu’ils n’avaient jusque là que négligemment remarquées. Ces clips vont leur vendre l’idée que le miracle est à portée de main. Par exemple : les aliments diététiques – moins riches en tout mais plus chers quand même! Ou alors, un jour ou l’autre, dans un de leurs feuilletons favoris, ils vont voir leurs héros se défoncer dans une salle de fitness. Ce qui nécessite, évidemment, une dépense accessoire, car il y a un uniforme assorti à cette activité. Si la gymnastique se révèle déjà trop dure ou si les progrès sont trop lents, voici les laboratoires pharmaceutiques avec leurs solutions faciles, et, en dernière extrémité, avec un peu d’argent, les cliniques spécialisées dans la liposucion. Enfin, atteints de mort précoce après des complications intéressantes pour le secteur médical, les obèses rendent l'âme non sans avoir accéléré les rentrées des agences de pompes funèbres (puisqu'ils quittent ce monde plus tôt que la moyenne de leurs semblables).
Maintenant, imaginez l’inverse. Ces hommes et ces femmes - qui se comptent par dizaines de millions - comprennent les sources de leurs dépendances, vivent plus sainement, mangent moins et différemment, laissent de temps en temps leurs postes de télévision éteints et leurs voitures au garage… Vous voyez les flux monétaires que cela détourne ? Vous voyez les moulins qui vont manquer d’eau ? Vous imaginez la chute du PNB ?
Alors, vous croyez vraiment que le système peut vouloir notre bonheur et notre santé ? N’a-t-il pas besoin au contraire que nous n’ayons ni l’un ni l’autre pour pouvoir nous les promettre ?
* http://www.mercola.com/
07:00 Publié dans Intelligence écologique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : développement personnel, économie, santé
18.12.2007
Attitudes prospectives
Un bref écho pour vous signaler l'arrivée en librairie ces jours-ci du livre «Attitudes prospectives, Éléments d’une histoire de la prospective en France après 1945» sous la signature de Philippe Durance et Stéphane Cordobes.
Au travers d’entretiens avec quelques uns des grands témoins ou acteurs de la prospective française (Serge Antoine, Jean-Paul Bailly, Armand Braun, Michel Crozier, Michel Godet, Pierre Gonod, Jean-Paul Guillot, Édith Heurgon, Hugues de Jouvenel, Josée Landrieu, Jacques Lesourne, Jérôme Monod et Pierre Piganiol), cet ouvrage fournit les principaux repères, historiques, conceptuels et pratiques, pour comprendre la prospective d’aujourd’hui.
07:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Prospective, management
17.12.2007
« Tu crois encore au Père Noël ? »
Quelle est la motivation des sales cons qui sont heureux - parce qu'ils le sont, cela crève les yeux - d'enseigner aux plus petits que le Père Noël n'existe pas ? Et les gens qui, une fois adulte, utilisent cette expression : "Il ne faut pas croire au Père Noël", que veulent-ils signifier par là ?
Sans doute, il y a d’abord tous ceux qui ont tellement souffert d’apprendre, enfants, que le Père Noël n’existait pas - humiliés qu’ils ont pu être, en outre, de leur naïveté - qu’ils ont besoin de devenir à leur tour initiateurs et d’infliger à d’autres leur propre désillusion. La transmission de la « vérité » prend ainsi souvent des saveurs de revanche. Un degré plus loin, il y a tous ceux qu’exaspèrent la candeur ou les espoirs de ceux qui ne leur ressemblent pas. Face à ceux-ci, qui les mettent en péril de croire qu’un autre monde est possible, ils ont besoin d’établir leurs amertumes et leurs désillusions comme réalités universelles.
La vie m’a déçu – je me suis déçu – alors ne viens pas, avec tes idéaux, me tendre un miroir où je me trouverais salement amoché ? J’ai réussi à devenir cynique, alors hors de ma vue, toi et ta fraîcheur agaçante ? Je me suis vendu au plus offrant, j’ai renoncé à mes rêves, ne t’avise pas de suivre une autre voie ? Ne t’autorise pas à faire ta propre expérience : adopte la mienne sans discuter – quelquefois que la porte que je n’ai pas su ouvrir t’accueillerait ? J’ai échoué, ne t’avise pas de réussir ? Dans un registre un peu différent, je me souviens aussi d'un partisan de la théorie X de McGregor qui disait « Le Père Noël, c’est fini ! », signifiant par là aux salariés qu’ils étaient tous plus ou moins des parasites qui n’en feraient désormais jamais assez pour payer de retour l’entreprise qui avait la faiblesse de leur donner du travail et de leur verser un salaire.
Derrière tous ces exemples, je vois un mouvement commun : discréditer le monde de l’autre pour le faire entrer dans celui qui nous arrange. Qu’est-ce que l’opposé du « Père Noël » ? Le «réalisme» bien sûr ! Mais qu’est-ce que le réalisme ? Qu’est-ce que la réalité ? Il y a ma réalité. Et, si je parviens à te la faire partager, elle me donne le pouvoir sur toi. Cette réalité au surplus qui, si tu as le front de la refuser, m’autorisera à faire de toi un révolté, un révolutionnaire, un traître, un hérétique, un renégat - et qui me donne par là même le droit de te souiller, de te honnir, de te bannir, de te punir, de te persécuter, de te torturer, de t’exclure - et de tuer.
Le réalisme ? Diantre, à me relire, ce sont des armées de Pères Noël que je vois défiler entre ces lignes ! Améliorer le sort des ouvriers ? Vous croyez au Père Noël ! Une retraite pour les vieux? Vous croyez au Père Noël! Des vacances pour tous ? Vous croyez au Père Noël! Une banque pour les pauvres ? Vous croyez au Père Noël ! Pour tout le monde une vie décente, du travail, de quoi se nourrir, se soigner, se vêtir, s’abriter ? Vous croyez au Père Noël ! Soyons réalistes : tu mangeras quand tu seras compétitif !
La servitude, disait Vauvenargues, abaisse les hommes jusqu’à s’en faire aimer. Jusqu’à vouloir la léguer à ses enfants ! « J’ai été excisée, pourquoi mes filles ne le seraient-elles pas ? » Parmi les « réalistes », il y a tous ceux qui, en nous demandant de partager le monde de celui qu’ils ont accepté pour maître, expriment leur amertume de n'avoir pas été fidèles à leur liberté. Ceux pour qui le bonheur a été une désillusion dont ils veulent nous défendre - ou une possibilité qu'ils veulent nous interdire. Et puis ceux, les pires peut-être, que ronge une cruelle inquiétude: et si cet idiot qui y croit encore bouleversait l'ordre des choses ? C’est qu’à trop rêver d’un monde plus juste, on pourrait se mettre à le construire ! Décidément, oui, le Père Noël est une ordure !
07:00 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement personnel, management, société, politique
15.12.2007
Interview de Dominique Viel*
Dominique, dans le numéro spécial de Nature Echo Magazine** où tu te retrouves au milieu d’une douzaine d'autres experts des enjeux écologiques dont Hubert Reeves, tu abordes trois menaces écologiques peu ou pas connues du grand public. Quelles sont-elles ?
Le « plastique boomerang »
La première est celle du "plastique boomerang". En effet, le plastique non recyclé (on ne recycle que quelques % de la masse des plastiques utilisés), non incinéré ni mis en décharge, se retrouve en fin de parcours dans la mer, où il est à l'origine de dégâts considérables : mort des poissons, mammifères marins, oiseaux, par étouffement, empoisonnement, etc. Ensuite, à travers la chaîne alimentaire, les molécules de plastique, qui se sont éventuellement liées à d'autres substances chimiques toxiques, arrivent dans notre assiette et là, elles jouent sur notre fertilité et notre immunité. Elles pourraient même être l'un des facteurs de l'épidémie d'obésité!
L’épuisement de matières rares
La deuxième menace vient des matières premières minérales, qui sont en quantité finie sur la planète. Certaines d'entre elles, essentielles au fonctionnement de la civilisation moderne, sont en risque de ne plus être exploitables à des coûts acceptables, ou d'être inacessibles du fait de conflits géo-politiques, comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises en Afrique. Il s'agit par exemple de l'indium, du gallium, du rhodium, du tantale, du platine... qui rentrent dans la composition, dans le désordre, des pots catalytiques, des écrans plats, des cellules photovoltaïques, des téléphones portables, etc.
Un obscur nuage
La troisième menace est un obscur nuage, de 3 km d'épaisseur et de 10 millions de km² de surface, qui, au gré des moussons, plane sur l'Asie du Sud ou sur l'Océan Indien. Ce nuage est composé notamment de particules de suie, d'ozone, de sulfates et de nitrates, issus de brûlis agricoles, de la combustion du bois de feu, des transports, des activités industrielles. Il a un double effet sur le climat : globalement il refroidit l'atmosphère en y renvoyant le rayonnement solaire, régionalement au contraire il réchauffe, au point qu'il pourrait être l'un des facteurs de la fonte des glaciers de l'Himalaya. Ce nuage n'est pas seul, il a des frères, comme le nuage noir d'Athènes et bien d'autres. Mais le pire serait le nuage que produirait une explosion nucléaire : les conséquences seraient au moins comparables à l'explosion du volcan du Mont Tambora en Indonésie en 1815, qui avait été suivie d'une année sans été, déclenchant la pire famine du XIXème siècle.
* Dominique Viel est ancienne élève de l'ENA, chef de la mission de contrôle "Ecologie et développement durable" au Ministère de l'Economie et des finances, cofondatrice de The Co-Evolution Project et auteur de "Ecologie de l'Apocalypse" (éditions Ellipses, 2006).
** Echo Nature magazine, numéro hors série de décembre 2007. L'article s'intitule "Trois menaces sur la planète dont on ne parle pas".
07:00 Publié dans Intelligence écologique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, ressources, pollution, santé
13.12.2007
Lumière et aveuglement
Le génie, qui est capable d’ouvrir des voies inimaginables, ne protège pas de l’aveuglement.
J’ai beaucoup d’admiration pour Christophe Colomb. Son aventure m'a fait rêver. Aujourd'hui, je la trouve emblématique. Nanti d’une vision scientifiquement fondée - celle de la route occidentale vers les Indes - mais rejeté par la rationalité dominante et dépourvu de moyens matériels personnels, il a avec opiniâtreté recherché des « sponsors » et, finalement, a pu se lancer à la conquête de l’horizon. Il avait vu juste en ce qui concernait l’existence d’une voie occidentale. Mais, trop focalisé sur « les Indes », trop obsédé aussi peut-être par la traque des richesses matérielles qu’il s’était engagé à rapporter, la véritable mesure de sa découverte lui a échappé. Pour lui, les rivages auxquels il avait abordé furent toujours ceux de l’Extrême-Orient… Une idée juste pour point de départ, suivie d’une interprétation biaisée, et cependant, une découverte fabuleuse…
Ainsi des frères Lumière. La légende dit qu’au lendemain de l’invention du cinéma – par adaptation au défilement des images devant la lampe d’un mécanisme de machine à coudre – l’un des deux frères dit à son père : «On a inventé quelque chose d’amusant, mais cela n’a sans doute aucun avenir». En soi, l’anecdote ne manque déjà pas de sel. L’inventeur lui-même ne soupçonne pas le potentiel de sa création ! Mais suivons le fil de l’histoire comme nous l’avons fait avec Anne Vermès*, dans la maison même des Frères Lumière, à l’occasion d’un séminaire que j’avais organisé sur le thème du risque.
Sous la houlette du père – qui ne manque pas d’intuition en matière d’affaires – les deux frères vont développer leur invention et en faire un phénomène mondial. Pourquoi mondial ? Parce que, d’abord, ce qu’ils voient dans le cinéma, c’est «la possibilité pour le monde de se regarder lui-même». Alors, non seulement ils vont se mettre à produire en série caméras et projecteurs, mais ils vont aussi former des cinéastes, multiplier les salles de projection, et le monde, effectivement, de New York à Sidney, de Londres à Saint-Petersbourg, de Pékin à Tombouctou - va pouvoir « se regarder lui-même ».
Survient un nommé Pathé. Celui-ci explique aux frères Lumière que le cinéma doit s’intéresser à la fiction. Ceux-ci le regardent de haut. Pour eux, c’est un barbare qui veut dénaturer le cinéma, et son idée n’a aucun avenir.
* http://www.traitsdunions.fr/pages/contact.php
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12.12.2007
Le je et le nous
Lundi, à la journée organisée au Sénat par le CIRET (Centre International de Recherches et d'Etudes Transdisciplinaires), à l'antépénultième minute, un commentaire inattendu a percuté le cours de mes réflexions. L'après-midi, après avoir serpenté entre Freud, Jung, Lacan et quelques autres, s'était conclue par la très inspirante vision de l'aventure de l'âme selon Jean-Yves Leloup.
Et là, Basarab Nicolescu invitant avant que l'on se quitte à quelques ultimes commentaires, quelqu'un - Andreu Solé - assène - avec amabilité - ces quelques mots: "J'ai entendu beaucoup de "je" au cours de cette journée, et très peu de nous!"
J'ai réalisé subitement qu'il avait entièrement raison. La qualité des propos et des intervenants n'était pas en cause. L'était plutôt le point de vue que nous avions, d'entrée de...jeu, adopté. L'homme moderne - ou postmoderne ? - d'évidence creuse une galerie solitaire à la recherche de lui-même - même pas l'homme: l'individu. Le salut, qu'on l'entende dans un sens religieux ou laïque, n'est plus qu'individuel. Mais, à se limiter à cette dimension de l'humain, nous détruisons peut-être le monde dont elle dépend, celui où la vie avait fini par échapper à l'obsession de la survie.
J'ai fait aussitôt la relation avec ce qu'écrit Jacques Généreux dans La dissociété. L'individualisme est encouragé et porté par l'idéologie pseudo-darwinienne - vous savez: the struggle for life et la survie du plus fort - que diffuse le capitalisme. Il est promu à un tel un point que, chacun devenant concurrent de son voisin, l'action collective ne peut plus se construire - c'est l'histoire inversée du syndicalisme. Et la société, dans la foulée, se dissout. Double avantage: on divise pour régner et le prix de la ressource humaine est tiré vers le bas. Le héros de Jean-Michel Truong, dans Le Successeur de pierre, donne une idée d'où cela peut nous mener.
Construire le "nous" a pu être une évidence dans d'autres sociétés mais ne semble plus l'être pour la nôtre. Une agression au coin d'une rue laisse la foule inerte, alors même qu'elle est cent fois plus forte que l'agresseur. Une canicule laisse un grand-père ou une grand-mère agoniser dans son appartement. Un différend, même dans les milieux feutrés des tours de La Défense, a vite fait de glisser dans la violence verbale et l'imprécation. La montée des exigences réciproques rend le couple invivable. Et la culture de masse emboite évidemment le pas en sacralisant la concurrence à travers les Star'Ac et autres "îles de la tentation".
"Mais, mon bon monsieur - me souffle le bof' que tout le monde connaît - vous êtes bien obligé de reconnaître que la vie c'est comme cela!"
Qui en a décidé ainsi ?
08:35 Publié dans Indisciplinés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, économie, développement personnel
08.12.2007
Interview d'Armen Tarpinian*
Armen, quel est selon vous l'enjeu majeur de l'époque que nous vivons ?
La nécessité de créer un «humanisme lucide et actif » qui marche sur ses deux jambes : celle de la connaissance de la vie extérieure et celle de la vie intérieure. Touchant cette dernière, les connaissances et les expériences, issues des sciences humaines et notamment du champ de la psychothérapie, abondent, qu'il faudrait apprendre à intégrer dans le champ de l'éducation et particulièrement de l'école où commencent à se mettre en place les pratiques sociales et citoyennes. C’est vraiment d’une (r)évolution dont il s’agit : passer d'un humanisme de « bonnes intentions » et de discours à un humanisme appliqué.
Pouvez-vous préciser ?
C'est par exemple passer de l’injonction : « aimez-vous les uns les autres » à : « apprenez à aimer ». Cela signifie qu’il nous faut à la fois développer notre capacité d’introspection - fonction qui nous distingue de l’animal - et notre faculté d’empathie qui nous fait dépasser notre égocentrisme naturel. N’est-ce pas là d’ailleurs le plus satisfaisant, le plus nécessaire à notre vie individuelle et commune ? Notre « désir essentiel » dirait Diel, ou ce que j’ai appelé notre «désir d’humanité » qui nous travaille inconsciemment, surconsciemment ? Mais c’est aussi le plus difficile si l'on en juge par notre histoire personnelle et par l'histoire tout court! Il nous faut inventer un art de vivre moderne qui tire sens et richesse d’action de la compréhension de nos errements passés. Vous connaissez le constat d’Edgar Morin ; l’humanité en est encore à sa préhistoire…
Notre époque aurait-t-elle accompli des avancées aussi importantes dans la connaissance de l’humain et du social que dans la création de richesses matérielles ?
Le vingtième siècle a fait autant de progrès en « Psychique » qu'en Physique, mais les applications sont plus lentes. Elles opèrent sur le temps de l'évolution des espèces – pour le moins des mentalités! - plus que sur le temps des machines ; sur le temps de l'éducation non celui de l'instruction ; celui des apprentissages plus que des conseils...Il devrait être considéré plus difficile d'aider un enfant - ou soi-même - à se construire que de construire un pont. Mais nous disposons aujourd’hui d’outils fondamentaux pour mettre en oeuvre une véritable « éducation psychosociale ».
Peut-on dire, dans cette perspective, que le "salut" de l'individu et celui de l'humanité sont liés ?
Ces apprentissages visant à répondre aux besoins fondamentaux des individus ne sont pas séparables des besoins de l’espèce humaine. La sagesse des uns assure la survie de l’autre : de l’humanité dans son parcours ambivalent de solidarité et d’hostilité, d’intelligence et d’aveuglement. La vraie question, aujourd’hui, est de savoir si l’humanité parviendra à articuler à temps… le temps de l’urgence qui appelle des solutions politiques et celui, lent, de l’évolution des mentalités, de la maturation psychique. A parer aux dangers les plus menaçants, écologiques et sociaux, à ouvrir des voies et se donner à temps les outils nécessaires pour mieux vivre et survivre.
Le titre du recueil de textes de Paul Diel que vous venez de faire publier fait référence à l’amour.*** S’il y avait un autre mot à lier à celui-ci, ce serait lequel ?
L'humour. L’humour est lucidité aiguë et bienveillante : introspection souriante qui freine le Don Quichotte qui est en chacun.. Il est le seuil modeste et confiant de l'amour. Son sas…Vivre nous est donné. Sourire de soi, s’aimer, aimer, on le sait mieux aujourd’hui : cela s'apprend ! MAIS, l’humour, si l’on en croit les dernières mauvaises nouvelles qui nous parviennent des scientifiques, se heurte à un tragique qui le rendrait absolument « noir » : la catastrophe climatique et ce qui s’en suivrait serait proche et quasi irréversible : s’il reste une place pour l’humour, elle reste suspendue à ce conditionnel…
*Armen Tarpinian est directeur de la «Revue de Psychologie de la Motivation». Il a codirigé l’ouvrage Ecole : changer de cap. Contributions à une éducation humanisante, Editions Chronique Sociale, 2007.
** Psychothérapeute français.
*** Le besoin d’amour, Editions Payot, 2007
07:00 Publié dans Vivre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : société; développement personnel; psychologie;

