29.06.2009

Appel à la Métamorphose du Monde

Un très beau texte signé d'Edgar Morin, Pierre Gonod et Paskua sur le site de l'Institut Polanyi:

http://www.institutpolanyi.fr/index.php?option=com_conten...

28.06.2009

Hommes et femmes: mode d'emploi

Voici une information  qui va consoler plus d’un mec.

 

Je m’adresse seulement à ceux – mais ils sont nombreux - qui se demandent encore pourquoi c’est la brute mal rasée et méprisante, limite homo neanderthalis, qui, l’année de leurs dix-sept ans, a embarqué sous leurs yeux la délicate icône féminine qui leur inspirait de tendres sentiments. Eh ! bien, mes chers frères, grâce à un chercheur américain, le lien est fait entre ce genre de phénomène et la surconsommation qui est en train de détruire la planète. Nous, les discrets, les oubliés, nous tenons enfin notre revanche !

 

Lors de votre adolescence, messieurs, vous avez sûrement remarqué que la promenade pedibus cum jambis exerçait moins de séduction sur la copine de vos obsessions nocturnes que la virée à pétrolette proposée par Cro-Magnon. Même compétition d’ailleurs - même gagnant et même perdant – entre le pauvre cyclo 49 cm3 et l’arrogant vélomoteur 125 cm3. En ce temps-là, vous pestâtes plus souvent qu’à votre tour contre la pingrerie familiale. Elle vous empêchait d’acquérir le ramasse-minettes qui vous eût mis à égalité de chance avec votre bête noire! Du coup, vous êtes massivement entrés dans l’âge adulte avec une "obsession de la caisse" qui a fait la fortune des constructeurs automobiles.  

 

 

hotcarbon.pngOr, tout cela est biologique: les roucoulades du pigeon comme les rodomontades des ados, de même bien sûr que les émois-réflexe des femelles à plume ou à poil en quête atavique de protection et de reproduction. Si, dans le monde animal, la parade nuptiale consiste grosso modo à faire le paon, dans notre société de consommation - mais surtout, on l’oublie trop, de statut - la mâlitude (comme dirait l’autre) se prolonge dans un certain nombre d’objets symboliques dont la production et l’usage n’ont rien à voir avec le développement durable. Nous aurions donc principalement en ce bas monde le genre de mec qu’aiment les femmes et dont elles veulent bien reproduire les gènes! Les uns roulent les mécaniques par nature, les autres pour ne pas rester en plan : tous, en tout cas, pratiquent la consommation symbolique et ostentatoire afin de ne pas rester le pouce inutilement tendu au bord de la route! Ce que résume fort bien le dessin ci-contre où l’un des personnages déclare : « Je déteste l’avouer, mais ce qui m’excite chez un mec c’est son empreinte écologique ». Bref, on n'a pas fini d'évaluer le pouvoir féminin et c'est peut-être une source sérieuse d'espoir s'il montre sa capacité à promouvoir, en dépit des conditionnements ataviques, une autre manière d'être mâle que de faire vroumvroum ou blingbling.

Je vous l'ai tournée sur le ton de la galéjade, mais l’étude de Nathan Hagens est sérieuse. Elle va bien plus loin que ce que je viens de vous en montrer. Elle mérite d’être lue : http://www.theoildrum.com/node/5519#more

Incivilités et citoyenneté

Je reçois de René Chaboy un fichier powerpoint rendant compte - images à l'appui - d’une opération de nettoyage des berges de l’Aveyron effectuée à pied et en barque par une cinquantaine de bénévoles. Les chiffres parlant d’eux-mêmes, je vous les livre bruts.

 

Longueur du tronçon de rivière concerné : 10 km.  

 

 

Nature des déchets : des tôles, une machine à laver, une moto, des casseroles, des balais, des pneus (22), des chaussures (128), des pièces automobiles, des sacs et des films plastiques (plus de 4 mètres cubes), des bouteilles en plastique (317), en verre (132), des canettes en métal (431), des boîtes de conserve (90), des bombes aérosol (19), des plastiques durs (bidons, etc. : un mètre cube), des tissus et des matelas (2 mètres cubes), des jouets (plusieurs centaines), des appareils électroménagers et audiovisuels, des palettes, des agglos, des stratifiés, du polystyrène, des produits toxiques (piles, batteries, dissolvants…).

 

Volume des déchets collectés : plus de 40 mètres cubes.

 

Poids total : 5400 kilos !

 

Pour, je le rappelle, dix kilomètres de rivière soit 20 km de berge…

 

Il faut féliciter les bénévoles. Mais que dire à ceux qui leur ont procuré ce travail afin qu’ils adoptent d’autres comportements ?

27.06.2009

Et voici Transitions n° 2 !

Couverture_15.jpgCe n’est pas une mince affaire de faire vivre une revue, fût-elle semestrielle. Notre imprimeur vendéen vient de nous en livrer le n° 2. Le carton hâtivement ouvert, le voilà entre nos mains qui tremblent autant de joie que de fébrilité... Allez : sans fausse modestie aucune, je crois que nous pouvons être fiers du résultat ! 

 

Mais à vous d’en juger ! En voici déjà le sommaire placé sous le thème général de:

Economies et Proximités:

 

Editorial :

Pour qu’il y ait de la vie là où l’on vit

(par votre serviteur)

 

Initiatives citoyennes

Les AMAP : produire et consommer localement

Interviewes de Daniel Wuillon et de Kolin Kobayashi

 

Economie monétaire

Changez la monnaie, vous changez la relation

Interview de Bernard Lietaer

 

Biodiversité

L’évangile des herbes folles

Dialogue avec Gilles Clément et Christian Mayeur

 

Ecologie scientifique

Le nouveau paradigme de la durabilité

Rencontre avec Robert Ulanowicz par Dominique Viel

 

Transformation socio-économique

Ville en transition

Interview de Robert Hopkins

 

Economie locale

Emergence d’une économie locale vivante

par Manfred Mack

 

Biologie

L’économie cellulaire

Interview d’Olivier Neyrolles

 

Innovation

Vers une économie de l’estime

Interview de Jean-Michel Cornu

 

Philosophie

Pour une démocratie mondiale de la proximité

par Eugénie Vegleris

 

Synthèse

Laboratoires d’une économie différente

par Manfred Mack

 

Vous avez envie de le recevoir, de connaître les conditions d’abonnement, de nous soutenir : thygr@wanadoo.fr

 

24.06.2009

Démocratie

"Le pire des régimes à l'exception de tous les autres" (Winston Churchill).

Et qui se mérite:

 http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090624044847.914...

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f9f92952-6032-11de-b878-9...

http://www.nytimes.com/2009/06/23/world/middleeast/23iran...

Deux exemples où les forces d'oppression prennent à peine la précaution de porter le masque!

22.06.2009

Malheur au vainqueur!

Voici un article de Boris Cyrulnik qui m'est signalé par plusieurs de mes ami(e)s. Il éclaire combien des vérités devenues folles peuvent nous induire en erreur...

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/20/malheur...

20.06.2009

Confusion létale

Imaginez un historien des habitudes alimentaires ou de la gastronomie : il pourra vous donner avec précision toutes les recettes de la cour de Louis XIV même s’il n’a jamais touillé une béchamel de sa vie. Et il n'y a rien à redire. Pour autant, lui donneriez-vous la toque du chef ?

 

A avoir invité des philosophes à intervenir dans mes séminaires, j’ai pu faire un constat du même ordre. Il y a deux sortes de personnes qui s’intitulent philosophes: je les appellerai les "érudits" et les "praticiens". L’érudit sait tout sur tout. Il redresse une citation maladroite de Kant et le fait même en allemand. Il vous donne l’analyse la plus pointue des positions d’Epictète ou de Husserl. Grâce à lui, à condition de lui en laisser le temps, vous n’ignorerez plus rien de l’existentialisme de Sartre ou du responsabilisme de Hans Jonas. Il parle comme un livre, il est précis, rigoureux et documenté, avec des notes en bas-de-page et des renvois en fin de chapitre. Maintenant, confiez-lui un groupe de citoyens pour qu’il l’initie au difficile exercice de la pensée : il échouera. Je n’appelle pas cela un philosophe.

 

Il me semble que notre Législateur court en ce moment le risque de commettre la même confusion s’agissant d’une phrase qui a été rajoutée – allez chercher pourquoi et par qui - au projet de loi sur l’hôpital. Cette phrase, si j’ai bien compris, confèrerait d’office la qualité de psychothérapeute à des personnes qui, indéniablement, ont un savoir – leurs diplômes en font foi – mais qui, en revanche, n’ont aucune preuve de l’expérience de la relation psychothérapeutique. Vous en saurez un peu plus là-dessus en allant à cette adresse : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/18/oui-aux...

 

C'est si peu anecdotique qu'un expert comme Boris Cyrulnik s'est ému de cette disposition. Le problème, c’est que voilà le Sénat soumis à la « procédure d’urgence ». Rien de tel pour éveiller ma méfiance! Encore un coup, je suis près de penser qu’il n’y a guère de choses pressantes mais surtout des gens pressés, et je m'interroge sur les intentions que cela dissimule. Nous connaissons tous de ces moments où quelque Picrochole décrète qu’il est interdit de réfléchir « parce qu’on n’a pas le temps ». Je suis un citoyen français comme les autres, j’ai du mal à voir l’urgence dans cette affaire. Je suis même inquiet que les lois promulguées dans notre pays résultent de plus en plus de réflexions ingurgitées à la va-vite, en trop grandes quantités, et mal digérées. Sans débat, il n'y a pas de démocratie. Sans le temps à lui consacrer, il n'y a pas de débat. Que sommes-nous en train de perdre de plus précieux que la vitesse à entretenir cette illusion d'une urgence permanente ?

 

D’autant que je ne serais pas surpris qu’un jour, en « procédure d’urgence », on confère aux seuls érudits l’exclusivité d’exercer. C'est souvent une pièce en deux actes. J'imagine bien Socrate qui, par défaut d’appartenance à quelque kleptocratie, ne pourrait plus mettre la plaque de philosophe au linteau sa porte ! Notez bien que ce sont les mêmes, ou à peu près, qui lui ont fait boire la ciguë en 399 avant Jésus-Christ. Quelle que soit l'époque, ils n'aiment pas les gens qui éveillent les autres. Cela fait des turbulents et des turbulences. Cela complique la vie des élites qui ont bien autre chose à faire.

17.06.2009

Questions stupides

Aujourd'hui, il y a des Etats débiteurs - le nôtre en fait partie, à hauteur je crois de 40 000 € par Français - et, évidemment, des Etats créditeurs, autrement dit des créanciers.

On a déjà vu dans la presse que les agences de notation pourraient revoir à la baisse la note de certains Etats, dont le Royaume-Uni, en fonction de leur capacité à assumer leurs engagements. On considère que tant qu'un Etat peut assurer le paiement des intérêts, le drapeau noir ne flotte pas encore. Mais que peut-il advenir quand ce n'est plus le cas ?

Quand une entreprise n'honore pas ses dettes, elle peut être déclarée en cessation de paiement puis mise en faillite. Les créanciers vont exiger qu'on vende tout ou partie de ce qu'elle possède: machines, bâtiments, etc. Elle licenciera son personnel puis cessera son activité. Mais s'agissant d'un pays ?

On a vu récemment des Etats céder volontairement des surfaces importantes de leur territoire à d'autres Etats. Ceux-ci vont y produire les denrées de leur choix. Cela au grand dam des citoyens du pays vendeur, qui vivaient sur les territoires cédés et se trouvent de fait expropriés. Peut-on envisager qu'un pays créancier demande à un pays débiteur de lui abandonner des surfaces agricoles, des gisements ? Et si le débiteur ne s'exécute pas, quel huissier va-t-on lui envoyer pour lui signifier la saisie de son territoire ? Quelle force publique afin de l'obliger à rendre gorge ?

La conquêtes des territoires a été depuis toujours au coeur de la plupart des guerres. Alors que nous croyions être sortis de ces comportements archaïques, serions-nous en fait en train de préparer des conflits futurs ? Inimaginable à notre époque civilisée ? Je vous laisse la responsabilité de le penser.

14.06.2009

Quels seraient les avantages d’une pandémie ?

J’ai été frappé qu’à partir du pétard mouillé de la « grippe mexicaine » - en avril on nous annonçait une pandémie imminente - l’un de nos ministres du culte puisse annoncer avec assurance l’arrivée de la catastrophe à la rentrée. Sur quoi peut-on fonder une telle certitude ?

 

Il est vrai que s’il s’agit d’une pandémie aux symptômes aussi vagues que de la fièvre, des courbatures et le nez qui coule, bref quelque chose qui ressemble au rhume de rentrée, nos ultra-lucides ne peuvent guère se tromper. Effectivement, en septembre, il y aura une recrudescence de fièvres, de nez qui coulent et de courbatures. A mon avis – mais personne n’a jamais voulu m’entendre - il suffirait de supprimer la rentrée des classes et le retour au travail pour se débarrasser de cette pandémie-là.

 

Pour en revenir à la grippe du cochon, il est vrai qu’il suffira de conférer à des symptômes mineurs une signification particulière – celle d’un mal diabolique qui peut nous emporter – pour que, la panique aidant, nous nous retrouvions tous dans un thriller hollywoodien au terme duquel nous affirmerons avoir vu le Porc de l’Apocalypse descendre du ciel sur des nuages de miasmes et nous ferons brûler de l'encens à Picrochole pour nous avoir sauvés.

 

Je suis un « putain d’intuitif » comme m’a dit un jour quelqu’un. J’ai des questions qui me viennent, que je ne puis expliquer. Et, comme elles échappent au raisonnement, il est très difficile de les écarter comme une mouche importune. Cela rend fous les rhétoriciens qui croient emporter la conscience des gens en leur montrant que 2 + 2 = 4. Alors, avec mon esprit mal tourné,  la question qui s’est présentée à moi ce matin, c’est : quels pourraient être les avantages d’une pandémie, vraie ou fausse ?

 

D’évidence à sauver les profits des multinationales pharmaceutiques. Déjà, les actionnaires de certaines d’entre elles ne commencent-ils pas à frétiller d’aise ? Un exemple au hasard : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f273599a-5791-11de-8617-d...

 

Puis, corrélativement, à justifier les dépenses publiques qui, en dépit de notre dette écrasante, ont été engagées pour nous protéger. Il y a les achats massifs de vaccins et de produits chimiques, c’est la partie la plus visible. Mais, si vous grattez un peu, il y a bien d’autres choses, bien d’autres fromages pour un certain nombre d’entreprises, comme celles qui fabriquent ces combinaisons d’astronautes pour les personnels qui seront d’astreinte pendant les 120 jours que durera le « couvre-feu » de la pandémie porcine.

 

cochons.jpgUne autre thèse, plus osée, serait que, selon certains nantis, il y a beaucoup trop d’êtres humains. Cela complique la vie et les affaires. Comme les choses seraient plus faciles si les Saigneurs ne devaient pas composer avec les communautés qui peuplent la Terre ? C’est qu’il y en a partout !  Les indiens d’ici qui veulent protéger la sépulture de leurs morts et refusent l’envahisseur étranger ;  les sauvages d’ailleurs qui ne veulent pas qu’on touche aux forêts primitives et retardent la culture massive des OGM ;  les fadingues de je ne sais où qui veulent conserver leur potager alors que l’Occident a soif de pétrole…

 

Alors, voilà l’idée géniale : on vaccine l’Occident - où ne mourront que ceux que le vaccin aura tués - et on commence la dératisation. On lâche un Cavalier de l’Apocalypse issu non du Ciel mais de nos laboratoires et on attend que le karcher ait fait son travail. On a déjà expérimenté cela pour se débarrasser des lapins en Australie. Vous vous souvenez ? Cela s’appelait – et s’appelle toujours – la myxomatose… Ce scénario expliquerait du même coup pourquoi, au cours de ces derniers temps, les plus riches du monde achètent un peu partout des kilomètres de côte et des milliers d’hectares de terre. Eux, ils n’auront même pas besoin d’être vaccinés.

 

Après la pandémie, le monde enfin sera propre.

 

Je pense à mon contradicteur qui signait modestement "un chercheur". Il doit penser que, ce coup-ci, j'ai pété les plombs. Remettez-vous mon bon monsieur ! J’étais juste en train d’imaginer une prochaine production hollywoodienne.

Kleptocrates (1)

Un Kleptomane est un malade qui ne peut pas s'empêcher de voler. Jarret Diamond a théorisé là-dessus le concept de kleptocratie.

Cette pathologie s'est tellement répandue, jusqu'au plus haut niveau, qu'elle mériterait une catégorie de ce blog rien que pour elle. Voilà un premier exemple: http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id...

Avant de condamner les kleptocrates, demandez-vous cependant si, par notre fringale de pétrole, nous ne sommes pas responsables de leur multiplication et, surtout, de leur pouvoir.

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